les répliques intellectuellement engagées
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Jeudi 9 Février 2017

Quelle place pour la création artistique et scientifique dans notre société ?

Par Mylonite. Témoignage.



Avant toutes choses, je souhaite préciser que le seul l'intérêt de ce témoignage est d'alerter. Notre pays, notre système et son fonctionnement, tuent les artistes et condamne l'art à sa disparition au détriment d'un divertissement avilissant. La vie d'artiste dans cet abyme sans fond qu'est internet, est aujourd'hui précaire notamment car des algorithmes mettent en avant seulement les contenus potentiellement rentables. Quand on fait le choix de l'indépendance et que l'on ne va pas vers les maisons de productions pour garder sa liberté artistique, quand on refuse de rentrer dans la machine, on est écarté, noyé dans tout le reste. Dernier exemple en date : j'ai refusé de donner mon identité personnelle et de la justifier via mes documents d'identités à Facebook, et bien mon compte Facebook qui me permettait de partager mon art sous mon pseudonyme d'artiste a été désactivé. Pour comprendre la vie précaire et les difficultés liées au choix d'être un artiste, je vais vous raconter mon histoire. Ce n'est pas l'histoire de mon art que je vais vous raconter, mais l'histoire d'une partie de ma vie, car ce que je veux mettre en exergue, c'est la difficulté qu'il y a à devenir et à rester artiste. Avant cela, je souhaite juste vous rappeler que l'art c'est ce qui fait de nous des êtres humains, c'est ce qui nous transcende et nous fait évoluer, c'est une partie de l'héritage philosophique et intellectuel que l'on lègue à l'humanité.


On ne naît pas artiste, on le devient. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été en quête de compréhension et une partie de ma jeunesse a consisté à harceler mes proches avec des questions diverses et variées sur ce qui nous entoure. Pourquoi et pourquoi pourquoi ? Je me suis alors intéressé à la science et à l'art. Mon intérêt scientifique ainsi que ma réflexion ont été nourris et encouragés par des personnes qui proposaient du contenu artistique et scientifique ouvert à tous. L'émission "C'est pas Sorcier" par exemple ou les livres de vulgarisation d'Huber Reeves, m'ont donnés une sensation rassurante et extrêmement importante : la connaissance est à la portée de tous à partir du moment ou on décide d'y consacrer du temps et de l'esprit.
 
Je ne sais pas si l'école n'était pas faite pour moi ou si je n'étais pas fait pour elle, mais j'ai vécu celle-ci comme un endroit qui met à l'écart les personnes différentes, au lieu d'encourager leur différence. De ce fait mon parcourt scolaire a été assez chaotique et atypique. Au primaire et au collège j'étais dans mes rêves et je sentais qu'on voulais m'y arracher, cela s'est traduit par un redoublement au collège, puis par une orientation forcée en troisième technologique. Après cette troisième technologique, j'ai fais un BEP et un BAC PRO productique mécanique, car "il faut bien faire quelque chose". Même si la productique mécanique ne fût pas une révélation pour moi, j'ai appris un chose importante via ce métier manuel, j'aime créer, j'aime façonner. En parallèle de mon apprentissage professionnel, mes questions se faisaient de plus en plus précises et complexes. J'ai donc assez naturellement décidé de créer quelque chose avec ces questionnements afin de les partager, car je pensais (et je le pense toujours d'ailleurs) que le partage est le vecteur d'évolution le plus important. Après quelques textes assez brouillons, j'ai décidé d'organiser ma pensée. Le fait d'écrire mes réflexions et mes pensées m'a permis une évolution intellectuelle considérable ! La relecture de mes créations m'a mis en remise en question constante, je venais de découvrir la richesse de la rature à travers mes premières créations artistiques.
 
Après quelques années d'écriture influencées par des artistes de musiques engagées, j'ai décidé de mettre mes textes en chanson pour les partager via la musique. Mes premières musiques, étaient plus des complaintes égocentriques que des messages engagés, je parlais de mes peines liées à la manière dont fonctionne ce monde. Mes titres suivants étaient des cris de colère et d'incompréhension, ce qui à mon avis était liés à l'épreuve qu'est le passage de l'adolescence. A cette époque, la musique m'a permis d'avoir un exutoire non violent et orienté vers le partage. A la fin de mon BAC PRO, j'ai décidé de tenter un retour dans le cursus dit "normal" en allant directement en BTS (ce qui de nos jours n'est d'ailleurs hélas plus possible pour les élèves de BAC PRO). Pourquoi ce choix d'orientation en BTS ? Simplement pour repousser un peu la date de mon entrée dans le monde du travail. C'est lors de ce BTS que j'ai compris que l'école me formait juste à être apte à travailler, à être rentable, et pas à autre chose. Plus le temps passe et plus mon art devient engagé, il a pour objectif de donner à réfléchir, de pousser à la remise en question de SA réalité afin de regarder LA réalité. Après mon BTS, je choisi une fois encore de repousser l'échéance du monde du travail et je m'oriente vers une Licence de management de production. Suite à l'obtention de celle-ci, je me résigne à chercher du travail...
 
Après quatre ans de petits jobs alimentaires précaires, je suis embauché en CDI dans une grosse société qui m'emploi à hauteur de mon diplôme, en tant que chef d'équipe. Très vite mes convictions sont entrées en contradiction radicale avec ma hiérarchie. Car dans l'industrie, manager c'est exploiter les faibles aux profits des plus forts, et dans ce genre de milieu, l'empathie est à proscrire car elle n'est pas rentable. Rapidement j'entre en conflit avec mes supérieurs, car je refuse catégoriquement le "demande toujours plus et le plus deviendra la normalité". Malgré cela et à ma grande surprise, un an et demi après ma prise de poste, on me propose une évolution. Je change donc de service pour un poste beaucoup plus chronophage, il en résulte que mes créations artistiques sont de plus en plus rares par manque de temps et par fatigue. Mon nouveau job consiste à contrôler la qualité du travail réalisé par les fournisseurs internationaux que ma société emploie. Lors de plusieurs déplacements chez ces fournisseurs, j'ai constaté ce qu'entraine les conséquences de notre consommation. J'ai vu les méthodes de l'industrie et ce que l'égoïsme du "toujours plus" entraîne sur la planète et sur les êtres vivants qui dépendent d'elle. Ma participation à tout cela était tellement en contradiction avec mes réflexions et avec mon art (qui disparaissait par manque de temps), que j'avais l'impression d'être schizophrène. Je ne vais parler de l'ambiance et de ce que l'on vie dans se genre de poste, car de nombreux témoignages existent déjà sur le site "On vaut mieux que ça" et je vous encourage à les lire. Je me rassurais en me disant que je n'avais pas choix, et qu'à titre individuel je faisais de mon mieux, mais mon corps a eu raison de moi... Ce n'était plus possible, je ne pouvais plus contribuer à cela et par "chance" une issue s'est profilée : un plan social (quel étrange mot pour qualifier un licenciement de masse). J'ai sauté dans la brèche, j'ai littéralement fui car je n'en pouvais plus.
 
Au chômage depuis plus d'un an aujourd'hui, je revis, je vis, et surtout je crée ! Grâce au chômage j'ai du temps, du temps pour me consacrer à mon art et au partage de celui-ci. J'ai du temps pour m'ennuyer, et c'est l'ennui qui pousse à la création. C'est l'ennui qui pousse à être seule face à soi-même, c'est un ennui introspectif. Mes musiques sont alors devenues exclusivement engagées et militantes. En parallèle de mes musiques et pour mettre en avant la connaissance qui est le support d'une réflexion objective, j'ai créé des vidéos de vulgarisation scientifique relatives au domaine spatial. Pour l'anecdote, mes vidéos ont été notamment saluées par "L'esprit sorcier" qui est la suite de la célèbre émission "C'est pas Sorcier" (un fabuleux clin d'œil à mon enfance). Aujourd'hui je veux consacrer mes compétences uniquement à promouvoir la science, la réflexion et le partage via l'art. Je ne veux plus participer à ce que je dénonce, je veux participer au changement et l'incarner. Je ne veux plus participer à l'injustice, je ne veux plus me rassurer en me disant que "c'est le pot de fer contre le pot de terre", car c'est tellement facile de dire ça quand on est du bon coté de l'injustice...
 
A force de travail sur mes heures de chômage, j'ai eu la chance d'être choisi pour être ESO musique ambassadeur. Les ESO musiques ambassadeurs (seulement 10 personnes dans le monde, et je suis le seul représentant Français), sont des compositeurs choisis par l'ESO pour accompagner leurs vidéos scientifiques relatives à la recherche spatiale. L'ESO (European Southern Observatory) est l'organisation qui a fait l'extraordinaire découverte en 2016 de l'exoplanète la plus proche de la Terre, Proxima B. Comme tout les autres ESO musique ambassadeurs je compose gratuitement, car ces compositions, en plus d'être utilisées dans les vidéos de l'ESO, sont mises dans une plateforme en ligne où elles sont à la disposition de tous les planétariums du monde entier. Cela permet de faciliter la création de contenus multimédia relatifs au domaine spatial avec des ressources gratuites (pour les planétariums les plus modestes par exemple). Je ne raconte pas cela pour mettre en avant ma réussite, mais pour mettre en exergue l'importance d'avoir du temps de création et tout ce que cela implique socialement pour les artistes. En tant qu'artiste je me suis engagé pour la cause animale, environnementale et pour l'être humain, j'ai choisi de contribuer au mouvement impulsé par I-Boycott qui encourage les consommateurs à devenir consomm'acteurs. Le temps 'libre" qui n'existe pas dans le monde professionnel intensif est là base du processus créatif artistique, annihiler ce temps libre, c'est en quelque sorte annihiler l'art.
 
J'ai choisi de partager gratuitement sur internet les musiques que j'interprète, les vidéos de vulgarisation scientifique que je crée, ainsi que mes compositions. Je partage cela gratuitement car je considère le savoir, la connaissance et l'art comme patrimoine de l'humanité. Je suis un artiste précaire car je vis du chômage, et je vais devoir retourner au travail car la fin de mon chômage se rapproche. De ce fait ce que je crée va se perdre, car je vais recommencer à passer ma vie à essayer de la gagner au détriment de mon art. Aujourd'hui c'est grâce à l'indemnité de mon chômage et à la prime de licenciement que j'ai eu (par chance c'était avant loi El Khomri), que j'ai la tête hors de l'eau et que je peux créer. Mais demain, et comme toi surement qui lis ce témoignage, je vais devoir me replonger dans cet océan déchainé ou je vais me débattre pour gagner de quoi subvenir à ma vie, pour gagner mon droit à la vie, mon droit à la survie. Je le répète et j'insiste sur ce fait car il est important, cela ce fera au détriment de mon art et du message qu'il porte, car je vais être mis au silence par ce système, comme bon nombre d'artistes et de personnes qui ne sont pas encouragées et soutenus dans leur démarche de partage scientifique, artistique et philosophique.
 
Ce témoignage n'a pas pour but de rechercher une quelconque empathie, il exprime juste une réalité. Cette réalité empêche l'expression par l'art et cela depuis notre enfance, elle étouffe notre humanité au profit du profit. Nos choix de consommations et de société définissent qui nous sommes et surtout ce que nous deviendrons. Quelle place voulons nous donner à l'art dans notre société ?
 
Mes habitudes artistiques voudraient que je ne donne pas mon pseudonyme d'artiste, afin que l'on ne parle pas de moi mais du message que porte ce témoignage uniquement, cela dit, exceptionnellement, à la vue des détails que je donne dans mon témoignage (détails essentiels à la compréhension de mon histoire), vous pouvez assez facilement trouver qui je suis, de ce fait il serait hypocrite de cacher mon pseudonyme.
 
Humainement,

Mylonite







1.Posté par Al le 09/02/2017 23:30

Bonjour,

Tres interessant temoignage qui partage une vision, que je trouve assez contradictoire. En effet, le systeme, dont le chomage fait partie, mais egalement l'ecole (meme si elle a ete une source de frustration, elle a tout de meme contribue a faire de vous ce que vous etes), vous a permis de creer. Soit par opposition (chanson engagee par exemple) soit en subvenant a vos besoins primaires (cf Maslow).

Enfin sans aller trop loin, c'est un peu cracher dans la soupe car a l'echelle historique et geographique, vous etes un artiste tres bien loti. Entre ne pas encourager et tuer la creation artistique, il y a un monde. Il est sous vos yeux et vous permet de creer, malgre tout.

2.Posté par Mylonite le 10/02/2017 10:43

Bonjour Al,

Pour commencer merci d’avoir consacré du temps à mon témoignage et aux messages présents dans celui-ci.

Ensuite j’entends ce que vous dites, mais je ne suis pas d’accord car je ne suis pas partisan du « moindre mal » ou du « moins pire ». Je suis effectivement mieux loti qu’un artiste qui vie à Alep par exemple, mais je ne pense pas que ce soit une raison pour ne pas vouloir améliorer sa situation et ma situation également. Je pense que le moindre mal tire les choses vers le bas et ne tend pas à l’amélioration et à l'évolution.

Je pense que ce système n’encourage pas la création artistique et est en train de tuer l’art. J’entends par « l’art » les nouvelles créations artistiques, pas ce qui est dans les musés ou dans les collections privées, collections privées qui d’ailleurs ne sont accessibles qu’à certains privilégiés. Je pense cela par rapport à mon histoire personnelle et c’est pour ça que je la raconte. Après peut-être que je n’étais pas au bon endroit au bon moment… Au-delà de la difficulté de création, je parle également de la difficulté de diffusion et c’est ici que je vois un paradoxe. Nous sommes dans un monde ouvert via la technologie moderne, nous sommes tous en contact potentiel et pourtant l’être humain ne c’est jamais senti aussi seul et isolé. Cette solitude est un frein à la diffusion des créations artistiques (c'est en partie ce qu'exprime mon propos quand dans mon témoignage je dis "noyé dans la masse", je parle du fait d'être caché derrière un divertissement rentable). Là où je pense nous allons nous entendre, c'est que ce système n'est pas le seul responsable, même si il ne nous aide pas, nos choix de consommations restes libres et comme dit I-Boycott "à nous de devenir consomm'acteur".

Pour finir je précise que mon témoignage n’a pas valeur de vérité absolue, il est relatif à ma pensée qui elle est relative à mon histoire. En tout cas je suis heureux que ce témoignage crée de l’échange :)

3.Posté par Boher françois le 10/02/2017 15:53

Mylonite,

Ton témoignage présente bien plus de "vérité absolue" et d'humanité que beaucoup d'autres.
L'éducation stigmatise bel et bien l'imagination sous toutes ses formes, et forme nos enfants a rejeter celles et ceux qui ont l'air de diriger leur réflexions vers les incohérences de notre monde.
Je ne suis pas un artiste, car même si j'en ai caressé le rêve, celui ci s'est cogné a bien des murs composés de cette réalité que tu dénonces.
Je pense que la seule solution a ce sentiment de solitude qui peut parfois s'amplifier douloureusement, c'est de former une association comme le font toutes celles et ceux qui ont des valeurs communes a partager.
Malheureusement, les personnes animées par le doute et l'imagination ne sont pas forcément les plus aidées quand elles désirent se réunir :-)
Enfin, si tu refuses le moindre mal alors tu es un exemple a suivre, et ton témoignage mérite de ne pas rester anonyme.
Courage

4.Posté par Mylonite le 10/02/2017 18:23

Bonjour François Boher,

Ton commentaire est très touchant et je t’en remercie chaleureusement.

Certaines associations comme I-Boycott que je cite dans mon témoignage, regroupent des personnes voulant changer le monde de manière non violente. I-Boycott regroupe des personnes avec une éthique commune. L’idée n’est pas d’imposer notre manière de voir les choses, mais de regrouper des personnes qui ont les mêmes idées et qui veulent agir ensemble de manière démocratique, via le boycott et le buycott en l’occurrence pour I-Boycott. A la lecture de ton commentaire, je pense que ce genre d’association peut te plaire et je t’encourage donc à jeter un œil ici : https://www.i-boycott.org/page/notre-bd

Concernant le sentiment de solitude dont tu parle, sache qu’au delà du message présent dans mes musiques, mes titres ont pour intérêt de dire implicitement « rassure toi, tu n’es pas seul à te poser ces questions ». Puis le fait de partager cela casse également mon sentiment de solitude et comme l’a dit un sage « sauver les autres, c’est ce sauver soit même ».

Je ne pense pas honnêtement être un exemple à suivre :) Cela dit, je fais de mon mieux pour minimiser l’impact lié à mon mode de vie !

Pour l’anecdote : Tu dis « Je ne suis pas un artiste», et bien en tout cas tu a le nom d’un artiste ! (ou est-ce un pseudonyme choisi volontairement ?)

5.Posté par Boher françois le 11/02/2017 02:27

Il y a des personnes qui préfèrent la notion de "mérite" a la notion de "partage", et celles ci semblent récompensées.
Mais elles sont récompensées par de l'argent, qui leur servira a compenser leur manque d'imagination.

Durant tous tes processus d'imagination, de création, pour enfin arriver au sommet, le partage, tu devras surmonter des difficultés dues a ta prise de position, mais tu ressentiras des émotions que d'autres tenteront d'effleurer avec de l'argent acquis en faisant des choix inhumains.
Les hommes courageux affrontent plus de difficultés que les hommes inhumains, mais les "sans argent" ne sont pas moins riches que les "sans pitié".

Beaucoup tombent dans le panneau et se disent "artistes" simplement parce qu'ils ont droit a un coup d’œil des chaines nationales ou de la presse, mais ceux la ne véhiculent aucun sentiment d'espoir ou d'unité comme tu le fais en nous rappelant que "sauver les autres, c'est se sauver soi même", ils ne véhiculent qu'une fausse image de la réussite sociale basée sur une sélection facile et hasardeuse accordée aux plus privilégiés.

C'est pourquoi nous aurons toujours besoin de vrais artistes qui se battent pour y arriver, pour nous prouver que l'imagination ça se défend, ça ne se soumet pas a la facilité.

Pour l'anecdote, je ne suis q'un françois boher parmi d'autres, je ne suis pas né à Villefranche-de-Conflent le 12 mars 1769 et mort à Perpignan le 8 avril 1825 (je m'en souviendrai) Mais si un jour je dois assumer le rôle de père, j’appellerai mon fils françois, histoire d'embrouiller tout le monde encore une fois :-)

6.Posté par Mylonite le 11/02/2017 19:19

Je prends plaisir à te lire :)

Afin d'échanger avec toi, je me permets de te partager un lien vers mon compte Soundcloud. Tu vas pouvoir y écouter plusieurs de mes titres engagés, qui je pense, vont particulièrement te parler : https://soundcloud.com/mylonite
Je trouve que mon titre "En voie de disparition" est assez dans l'ambiance de ce que nous sommes en train de ce dire ici.

Bonne écoute.

7.Posté par Anir le 13/02/2017 23:00

Bonsoir Mylonite,

Ce que tu as écrit là rentre en écho avec le livre de l'auteur japonais Sôseki, Rafales d'automne (1907), que je viens de finir.

A la fin de l'histoire, le vieux professeur, intellectuellement riche et spirituellement élevé mais d'apparence misérable, prononce un discours devant de jeunes étudiants qui se rient de lui d'avance, et qui finalement sont bouche bée devant sa sagesse.

Je t'en partage deux extraits:

"Il est riche et respecté, c'est sûrement quelqu'un qui comprend le pourquoi des choses, un homme cultivé évidemment. Seulement, voilà, c'est précisément parce qu'il ne consacre pas son temps à se cultiver qu'il a le temps de gagner de l'argent. La nature est équitable, elle ne favorise pas le même homme en lui permettant de s'enrichir matériellement et spirituellement à parts égales. Désavouant cette vérité par trop évidente, certains riches ont une haute opinion d'eux-mêmes..."
(ensuite il continue sur la nécessité pour l'artiste et le scientifique de ne pas perdre du temps et de l'énergie à essayer de gagner de l'argent : créer ou amasser, il faut choisir!)

"Rester les bras croisés dans un monde soi-disant en paix tout en vouant un culte à la réussite est le signe d'un manque total de valeur humaine, bien plus que celui qui, trébuchant sur le chemin qu'il devait suivre, voit son travail anéanti et la faillite de son idéal."

Ton texte me parle car je m'y retrouve à plusieurs reprises. Je dirais que dans notre société il y a deux solutions non radicales pour s'épanouir quand même: avoir un travail qui nous plaît vraiment OU avoir un travail alimentaire qui nous permet de faire à côté ce qui nous plaît vraiment, c'est-à-dire qui prend pas trop de temps et qui n'est pas épuisant physiquement, genre temps partiel.

Bon courage pour la suite, la musique et les vidéos dans l'espace! (c'est drôle, encore par hasard j'ai aussi la tête dans les planètes en ce moment ;)

8.Posté par Mylonite le 15/02/2017 11:12

Salut Anir,

Je ne connaissais pas "Rafales d'Automne", je te remercie donc pour ce partage et pour les extraits :)

Concernant un travail qui nous plaît vraiment, je pense hélas que cela concerne une faible minorité de personnes... Je pense qu'un temps partiel ne permet pas d'avoir assez de ressources pour vivre. La solution est peut-être un revenu universel ? Un revenu universel peut nous affranchir de l'esclavage moderne lié à l'argent. Argent que nous pouvons gagner uniquement (à quelques exceptions près) qu'en travaillant pour ce système... Cela implique le partage des richesses, mais le fait que 8 personnes possèdent autant que 3,5 milliards de personnes ne choque pas grand monde !

Si tu as la tête dans l'espace, viens découvrir notre galaxie à mes cotés via ma série "Un aller sans retour" ;)

J'ai pris le temps de regarder tes créations d'où ma réponse un peu tardive. Je trouve tes dessins sympas et je te félicite pour ton travail de fond ! Pour conclure ce message en étant positif, je me permets de te citer "And I wish to change the world, maybe with drawings and words".

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