Dimanche 16 Octobre 2016

La droite mélange laïcité et féminisme : une confusion entretenue à des fins démagogiques

Par David Simard Philosophe, psycho-sexologue.



Revue de presse.

Le Plus. Économie, sécurité, immigration. Tels ont été les thèmes développés jeudi 13 octobre, lors du premier débat entre les sept candidats de la primaire de la droite et du centre. Des candidats qui n'ont pas hésité à manier la démagogie en multipliant les confusions opportunistes entre la laïcité et le féminisme, déplore David Simard, doctorant en Philosophie.

Édité par Sébastien Billard. 
La droite mélange laïcité et féminisme : une confusion entretenue à des fins démagogiques


Jeudi soir, le premier débat télévisé de la primaire de la droite a tenu ses promesses : technocratique, focalisé sur la réduction des dépenses publiques, sans affichage d’une réelle vision politique de fond, démagogique sur les questions de sécurité et d’islam.
 
Ils alimentent les passions hostiles envers l’islam

Sur ce dernier point, les confusions opportunistes entre la laïcité et le féminisme ont été légion. On sait qu’à des fins démagogiques et électoralistes, le principe de laïcité est convoqué et dévoyé pour alimenter les passions xénophobes envers l’islam et les descendants de l’immigration des anciennes colonies du Maghreb, ainsi qu’envers les réfugiés du Proche-Orient.
 
Cette réappropriation par la droite d’un discours initié par l’extrême droite s’accompagne d’une rhétorique sur les valeurs et l’identité françaises supposées par essence républicaines (dans l’ignorance de l’histoire de France y compris sur les deux derniers siècles) et incluant l’égalité entre les sexes. Le principe de laïcité est alors présenté comme un principe féministe, et en opposition avec la domination masculine portée par la religion musulmane.
 
Or, s’il ne fait aucun doute que l’islam invoque une complémentarité entre les sexes par opposition à leur égalité, et qu’il n’est ainsi pas à l’origine féministe, il ne fait aucun doute que ce n’est pas non plus le cas des autres religions monothéistes abrahamiques que sont le judaïsme et le christianisme, dont à droite il nous est régulièrement rappelé pour ce dernier qu’il constituerait les racines de la France (quand ce ne sont pas les polythéistes Gaulois).
 
En France, laïcité et féminisme ne sont pas liés

Surtout, le principe de laïcité a été promulgué en France quarante ans avant que les femmes puissent voter. Cet écart chronologique montre qu’il y a également une différence logique entre la laïcité et le féminisme :
 
- la première instaure la liberté religieuse (liberté de conscience) assurée par la neutralité de l’État en matière de religion (quelle que soit la religion) ;
 
- le second défend l’égalité entre les femmes et les hommes à partir d’une situation de domination masculine.
 
La laïcité n’a donc pas pour principe d’interdire des croyances et pratiques religieuses (en particulier dans l’espace public), y compris lorsque ces croyances et pratiques infériorisent les femmes par rapport aux hommes. La lutte contre les inégalités entre les sexes relève ainsi bien d’un autre combat, qui est le combat spécifiquement féministe.
 
Un débat avec six hommes, et une seule femme

C’est pourquoi il n’est pas besoin d’être croyant musulman ou d’une autre religion pour être sexiste envers les femmes (précisons par ailleurs que tous les croyants ne sont pas, de fait, nécessairement sexistes). L’islam n’a en effet pas le monopole de la domination masculine, comme l’illustrait très bien le plateau du débat de jeudi soir : sept candidats, dont une seule femme, qui a dû batailler ferme pour pouvoir se présenter...
 
Il était alors risible de voir les candidats hommes forcer le trait sur l’égalité entre les femmes et les hommes comme valeur de la république et de l’identité française pour stigmatiser l’islam, alors que le parti d’appartenance des ces candidats n’est capable, en 2016, de produire qu’une candidature de témoignage concernant les femmes.
 
Ces hommes politiques feraient bien de balayer devant leur porte avant de prétendre donner des leçons de féminisme dont le véritable motif n’est manifestement pas l’égalité réelle entre les sexes, mais la stigmatisation d’une religion en particulier à des fins électoralistes, dans un contexte de menaces terroristes favorisant les politiques de la peur et les discours martiaux.
 
Le sexisme, une "valeur" encore très partagée

Ainsi, laisser entendre que l’une des raisons principales pour lesquelles l’islam ne serait pas compatible avec la culture et l’identité françaises tiendrait à sa conception de la place des femmes par rapports aux hommes, c’est se payer clairement...

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​Source : leplus.nouvelsobs.com






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