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Vendredi 23 Novembre 2018

La détresse des réfugiés porte d'Aubervilliers



Depuis les démantèlements de différents camps à Paris au printemps dernier, les réfugiés se sont regroupés pour la plupart porte d’Aubervilliers au nord de Paris, où différentes associations dont Les Restos du Coeur ou l'association Al Fatiha Massy se relaient pour distribuer chaque jour repas et vêtements.

Les températures qui ont dégringolé ces dernieres nuits rendent le calvaire de ces hommes, femmes et enfants encore plus difficiles.

Les autorités excluant toute forme de compassion préférant la répression policière à la recherche de logements d'urgence.
Enfant réfugié dormant à même le sol porte d'Aubervilliers
Enfant réfugié dormant à même le sol porte d'Aubervilliers


En juin dernier, des évacuations musclées par les forces de l'ordre avaient eu lieu dans les deux derniers grands camps porte de la Chapelle et au canal Saint Martin où près de 1000 personnes avaient été délogées.

Originaires essentiellement de Syrie, Afghanistan et Soudan, les réfugiés du canal Saint-Martin étaient installés sous des tentes depuis plusieurs mois, non loin de la place Stalingrad qui avait vu de nombreux autres campements se reconstituer en 2017.

Omar, un Soudanais qui s'était vu refuser une demande d'asile, dormait au bord de ce canal plusieurs mois avant le démantèlement et attendait qu'on l'emmène "vers autre un campement" ou mieux "un logement".

Plusieurs mois après et alors que le froid s'est installé dans leur quotidien, on les retrouve pour la plupart porte d'Aubervilliers où la situation sur place est humainement insoutenable.

Des femmes, des bébés, des enfants en très bas âges dorment à même le sol sous les couvertures près des plaques et sorties d'égouts.  Certains appellent cet endroit le "parc aux rats". Des rongeurs qui ont également élu domicile slalomant entre les bouteilles en plastique et les restes de sandwichs sur les trottoirs.

Et chaque soir rebelote, des dizaines de silhouettes se préparent pour une nouvelle nuit. Certains préparant leur couverture et matelas. D'autres n'ayant rien, s’allongeant simplement par terre, tête posée sur leurs paumes jointes. 

"On n’a nulle part où aller. On va ici, on va là-bas et partout la police nous chasse" témoigne Souheila une maman Syrienne qui prépare ces deux petites filles de 2 et 4 ans pour la nuit près d'un trottoir.

L'association Al Fatiha Massy dont l'activité principale est les maraudes pour les réfugiés et sdf sur Paris et sa banlieue publiait hier soir cette vidéo depuis son compte facebook :
 


Autre vidéo publiée par l'association :
 


"On est désespéré, on est à bout ! On se demande encore comment nous arrivons à survivre. On pensait qu'en venant en France, on nous offrirait l'hospitalité en tant que réfugiés demandeurs d'asile. On se retrouve à la rue, chassés continuellement par la police comme des animaux" témoigne toujours cette maman Syrienne.

Selon Ahmed Afghan et papa de 3 enfants : "C'est inhumain de vivre ici dans le froid sur les trottoirs aux côtés des rats. Où que nous allions par ailleurs, les policiers nous traquent, nous frappent, nous gazent. Ils nous prennent nos sacs de couchage d'un camp à l'autre. Depuis 3 semaines que je suis ici, 2 fois, ils nous ont privé à moi et mes 3 enfants de nos couvertures pour la nuit. Nous ne pouvons compter que sur la générosité des passants et des associations qui nous rachètent et nous remettent à nouveau des kits de survies pour la nuit. Sans cela nous serions probablement déjà mort".

Mais selon la préfecture de police de Paris "les forces de l’ordre assurent une présence de sécurisation pour prévenir toute installation de campements sauvages de voie publique sur la capitale". Elle affirme aussi procéder "dans un cadre juridique réglementaire strict à la dispersion des rassemblements". 

Selon les associations la police n'a qu'une mission "faire le ménage par la répression et la violence en dispersant les réfugiés pour les rendre invisibles, les faire disparaitre aux yeux des parisiens. Ça a été le cas au canal Saint-Martin et Porte de la Chapelle".

Face à toute cette détresse humaine, les bénévoles se sentent souvent démunis et bien seuls. Si certes la mairie de Paris a fini par mandater l’association Aurore pour distribuer des petits déjeuners, en remplacement du collectif Solidarité migrants Wilson, qui a cessé ses distributions pour dénoncer une situation explosive, ainsi que les Restos du cœur et l'association Al Fatiha, qui servent des repas le soir « ce n’est pas assez ! », s’exclament les bénévoles et certains riverains excédés par "toute cette misère dans la 5ème puissance mondiale". 

"Ce ne sont pas des situations stables, durables et sereines pour ces familles qui vivent dans le dénuement le plus total. Parfois, on a aussi pas assez de repas pour nourrir tout le monde. Chaque nuit, de nouveaux réfugiés arrivent sur le camp. La situation est plus que critique" témoigne Myriam bénévole.

L'association Al Fatiha a ouvert une cagnotte Leetchi pour les réfugiés du nord de Paris qui a déjà récolté un peu moins de 9000€. Si vous voulez participer et contribuer, cliquez ici.  

L'association est située au 1 rue des Olympiades 91300 Massy. Si vous voulez aider, n'hésitez à vous rendre à l'adresse indiquée ou faire un passage porte d'Aubervilliers.
 
Les réfugiés ont continuellement besoin de sacs de couchage, couvertures, chaussettes, bonnets, gants, chaussures hommes/femmes/enfants, blousons hommes/femmes/enfants, alimentations sec pour le petit déjeuner, shampooing gel douche dentifrice brosse à dent et repas chauds.


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