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Mercredi 7 Novembre 2018

La colère des ambulanciers : témoignage



Depuis plusieurs jours maintenant, les ambulanciers en grande colère mènent des opérations escargots un peu partout sur les routes de France.

De Paris à Marseille, de Lille à Strasbourg en passant par Dijon ou Nancy, ils se mobilisent massivement à l'appel de plusieurs syndicats, protestant contre "l'uberisation de leur métier" par une nouvelle réforme du financement des transports sanitaires.
La colère des ambulanciers : témoignage


Leur inquiétude : ​ disparaître au profit de grosses structures. Et dans leur ligne de mire, l'article 80 du projet de budget de la sécurité sociale 2017, entré en vigueur le 1er octobre dernier. Depuis cette date, la responsabilité du financement des transports de patients est confiée directement aux établissements de santé, et non plus à l'Assurance maladie.

Jusqu'alors, c'était les malades qui choisissaient leur prestataire lorsqu'ils devaient se rendre à l'hôpital (pour une chimiothérapie par exemple) et se faisaient ensuite rembourser par l'Assurance maladie. Désormais, ils devront accepter la société de transports sanitaire, qui aura préalablement et favorablement répondu à un appel d'offre, choisie par l'établissement de santé.

"On ne pourra pas s'aligner face aux tarifs des grands groupes" s'indignent les ambulanciers qui protestent depuis près d'une semaine et qui accusent le gouvernement de vouloir "détruire leur autonomie et leurs conditions de travail".

Selon Olivier Meraud, directeur des ambulances ABCR à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne : l'article 80 "C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", pointant également "la hausse des prix du gasoil, la tarification des transports qui n'a pas été revalorisée depuis 2013, les normes" (source AFP).

De son côté le gouvernement, par la voix de sa ministre de la Santé Agnès Buzyn veut rassurer les ambulanciers se disant "très attentive à ne pas favoriser l'uberisation" du secteur. Mais un gouvernement qui précise également que cette réforme a été mise en place dans une optique de réduction des coûts faisant référence aux derniers éléments de la Cour des Comptes indiquant que les prescriptions de transport injustifiées coûtent 220 millions d'euros par an. Le gouvernement entend ainsi "diminuer les fraudes".

Une sortie qui n'a pas du tout convaincu les ambulanciers.  Témoignage de Lynda G. ambulancière en Seine-Saint-Denis :

"Les gens doivent comprendre que c'est dans leur intérêt aussi et pas uniquement celui des ambulanciers. Face aux grands groupes les petites sociétés d'ambulances vont fermer. Les patients vont devoir attendre 3, 4 heures ou plus dans des brancards qu'une ambulance vienne les chercher.

Et ça, dans les médias on ne le voit pas, on a l'impression que les ambulanciers bloquent le périphérique pour leurs intérêts mais il faut que les gens comprennent que c'est aussi dans le leur. On est là pour nous mais aussi et surtout pour nos patients que l'on côtoie depuis des années et qui selon la charte du patient avaient le droit de choisir leur ambulancier. Désormais, ce ne sera plus le cas.

Et dans un futur très proche les patients devront payer leur transport avec des sommes astronomiques. Un enfant lourdement handicapé le week-end par exemple c'est 900-1000 euros pour le faire venir à la maison. Qui peut payer une telle somme ? Donc des patients directement concernés et un personnel ambulancier matraqué de toute part qui va devoir faire 50km supplémentaire par déplacement pour éviter la faillite avec en plus une hausse des prix des carburants.

Mais sachez que nous sommes déterminés, même si le blocage du périphérique c'est fini, les collègues ont été délogés, on ne cédera pas. Au delà du patient, nous avons une vie, un crédit, une famille qu'on ne voit pas ou très peu. Comme beaucoup de mes collègues, j'ai des semaines à 80 heures. C'est un métier où on donne tout. On donne de notre santé au profit de celle des autres. On est donc déterminé car on a plus rien à perdre. Avec cet article de loi, les ambulanciers savent que leurs sociétés vont fermer et les patients directement touchés. Les gens doivent le comprendre.."
(propos recueillis par les Répliques).

Les ambulanciers sont donc bien décidés à ne pas céder à cette nouvelle réforme. Une réforme contestée parmi tant d'autre depuis l'accession d'Emmanuel Macron au pouvoir.

Les Répliques 







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