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Vendredi 9 Novembre 2018

Jair Bolsonaro un président d'extrême-droite aux sorties d'extrême-droite



Dimanche 28 octobre dernier, le candidat d'extrême droite parfois surnommé le «Trump des tropiques» Jair Bolsonaro a été élu à la présidence du Brésil par le Tribunal supérieur électoral (TSE), avec 55,7% des voix contre 44,3% pour son rival, Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs (PT).
Jair Bolsonaro
Jair Bolsonaro

Élu président


"Nous allons changer le destin du Brésil", a promis le vainqueur dès l'annonce de sa victoire dans un premier discours depuis son compte Facebook.

"Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche", a t-il rajouté assurant que son futur gouvernement sera déterminé à "défendre la Constitution, la démocratie, la liberté". "Ceci n'est ni la promesse d'un parti, ni la parole vaine d'un homme, mais c'est un serment devant Dieu", a-t-il poursuivi, répondant ainsi à ses détracteurs qui le voient déjà comme une menace pour la démocratie.

Une foule de plusieurs milliers de ses sympathisants s'était réunie le soir de sa victoire devant son domicile pour célébrer l'accession au pouvoir du député dans un quartier aisé de Rio de Janeiro.

Dans un pays miné par une violence record, une misère sociale, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique, Jair Bolsonaro a donc réussi à s'imposer comme l'homme à poigne dont le Brésil aurait besoin. Il succédera ainsi au président Michel Temer, pour un mandat de quatre ans, au 1er janvier 2019.

Quelques heures après son élection, il déclarait sur Twitter avoir « reçu un appel du président américain, qui m'a félicité pour cette élection historique ».

"Les deux hommes ont exprimé leur engagement fort à travailler ensemble pour améliorer la vie des habitants des Etats-Unis et du Brésil, et, en tant que leaders régionaux, des Amériques", a de son côté précisé Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif américain.

A l'exception du Canada et du Vénézuéla à l'intérieur du continent américain, un "triomphe" salué également au Chili, au Mexique et en Argentine. Son futur homologue argentin de centre droit, Mauricio Macri, qui l'a congratulé a également déclaré qu'il souhaitait bientôt travailler ensemble pour "le bien-être des Argentins et des Brésiliens".

En France, Emmanuel Macron qui fût l'un des premiers dirigeants étrangers à réagir a félicité dès lundi 29 octobre le nouveau président d'extrême droite affirmant sa volonté de poursuivre sa coopération avec ce pays "dans le respect" des "principes démocratiques".

De son côté, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen lui a souhaité "bonne chance". "Les Brésiliens viennent de sanctionner la corruption généralisée et la terrifiante criminalité qui ont prospéré sous les gouvernements d’extrême gauche".
 

"Oui je suis favorable à une dictature !"


Des millions de Brésiliens s’inquiètent du tempérament autoritaire de Bolsonaro. En 1993, élu depuis à peine trois ans, Jair Bolsonaro clamait à la tribune de la Chambre des députés sa nostalgie de la dictature militaire qui a dirigé le pays entre 1964 et 1985. 

"Oui, je suis favorable à une dictature ! Nous ne réglerons jamais les problèmes de la nation avec cette démocratie irresponsable !", avait déclaré l’ancien capitaine d’artillerie.

Considéré également comme raciste, homophobe et misogyne, le nouveau président élu lançait un jour à une députée : "Je ne vous violerai pas car vous ne le méritez pas. Vous êtes trop laide". 

Au magazine Playboy en 2011, il confiait qu’il ne pourrait pas aimer son fils s’il était homosexuel et qu’il préférerait qu’il « meurt dans un accident ».
 

Les toutes premières annonces :


Israël 

Emboitant le pas de son homologue américain Donald Trump, le futur chef de l'Etat du plus grand pays d'Amérique Latine a également annoncé le transfert de l’ambassade du pays en Israël de Tel-Aviv à la ville sainte Jérusalem.

Lorsqu’on me demandait, lors de la campagne, si je le ferais une fois devenu président, je répondais, oui, c’est vous qui décidez quelle est la capitale d’Israël, pas les autres nations”, a-t-il expliqué au quotidien israélien. Des déclarations immédiatement saluées par le Premier ministre israélien également d'extrême-droite Benjamin Nétanyahou, qui a qualifié la décision de Bolsonaro de “pas historique” rapporte Ha’Aretz.

Une décision qui lorsqu'elle avait été annoncée et appliquée par les américains en mai dernier avait suscité l'opposition de très nombreux pays y compris la France. Emmanuel Macron avait déclaré que ce transfert était "une mauvaise décision". " Je suis d’avis qu’il ne faut pas déstabiliser la situation dans la région qui repose sur des principes claires et un certain équilibre" avait-il rajouté.

De son côté le député franco-israélien Meyer Habib très proche du Premier ministre Netanyahou félicitait la décision du nouveau président élu : "Chapeau ! Jamais la paix ne naîtra d'une falsification de l'Histoire. Les US, l'Arabie saoudite, le Brésil l'ont compris. Et nous?" déclarait-il depuis son compte twitter.

Écologie 

Bolsonaro prévoit l’absorption du ministère de l’Environnement par le ministère de l’Agriculture. Une décision ô combien préoccupante dans un pays couvert à près de 50% par la forêt amazonienne. Après hésitation, il aurait reculé, sans pour autant renoncer à liquider toute contrainte écologique.

À l’image d’un Trump, dont il copie allègrement le style, Bolsonaro est un adepte des sorties choques et on devine presque facilement la teneur et la nature de son mandat pour les quatre années à venir.


Les Répliques 







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