Vendredi 5 Mai 2017

France 2017: une élection de communicants sans vision ?

Par Sélima - The Social Face.



Les élections françaises sont le théâtre d’un échange incessant de répliques ad hominem, et le discours ne relève plus du tout d’une discussion intellectuelle. En effet, bien qu’on entende sur toutes les télévisions que les candidats nous proposent différents modèles de société, on assiste plutôt à une bataille de la communication. Emmanuel Macron va à Whirpool, Marine Le Pen suit et orchestre une parfaite « proximité » des ouvriers. L’un envoie une pique à l’autre par télévisions interposées, l’autre répond par un tweet infantilisant. La désinformation règne en maître dans une atmosphère de perte de confiance vis-à-vis des médias traditionnels, et ce, au profit des réseaux sociaux, notamment Twitter.


Entre les querelles publiques, le citoyen perd pied: quelles sont les véritables propositions des candidats, si ce n’est que d’après leurs détracteurs « Marine Le Pen est une facho anti-européenne » et « Emmanuel Macron un banquier au service du lobbying » ? Peu de gens le savent. Ces élections sonnent creux. On renie avec facilité ses anciens ennemis. Et on ne se cache même plus de copier le discours de ceux qui se sont prononcés contre soi, allant jusqu’à affirmer que c’est « assumé ».
 
Ce mal-être idéologique global qui résume nos élections à un semblant de Mean Girls, est confirmé par l’abstention volontaire et globale de certaines branches politiques. En effet, plus on joue sur des critères personnels voire intimes pour critiquer son adversaire, plus on perd de vue les règles du jeu politique. La démarche démissionnaire de 65% des Insoumis le prouve; le vote du second tour revient à admettre la victoire d’autrui, et à accepter d’être un bon perdant, quelles que soient les raisons de la défaite. Or, cette règle implicite n’est plus acceptée, fût-ce dangereux pour la démocratie.
 
L’ère de l’anti-politique a commencé, faisant ainsi de nous des commentateurs de punchlines à défaut de fond. Les débats ne se font plus autour du fait de croire en un programme ou pas; ils ont laissé place à une nouvelle question: doit-on être contre une proposition de société en évitant le plus grand mal, doit-on être contre une proposition de société en s’abstenant, ou doit-on être contre une proposition de société quitte à tomber dans les facilités xénophobes?

Oui, le débat est nécessaire, oui, la réplique l’est aussi. Mais ceux-ci doivent rester intellectuellement productifs, sinon nos prochains débats télévisés finiront en ego trip -s’ils ne le sont pas déjà.

Sélima
The Social Face

 







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