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Lundi 29 Mai 2017

Festival "interdit aux blancs" : derrière l'expression, le FN

Par Capucine Truong - Arrêt sur Images.



D'où vient la polémique sur le festival afroféministe Nyansapo, étiqueté comme "interdit aux blancs" ? Libération a mené l'enquête. Et dévoile qu'à l'origine de la polémique, relayée notamment par Anne Hidalgo et la Licra, on trouve l'extrême droite, en la personne du trésorier du Front National, Wallerand de Saint-Just.


Non-mixité, dernier épisode. Ce dimanche, on pouvait voir, sur Twitter, des dizaines de tweets réagissant à un festival "interdit aux blancs" organisé à Paris. De quoi s'agit-il ? Le festival afroféministe Nyansapo, qui doit se tenir du 27 au 30 juillet à Paris, en est à sa première édition. Pour le collectif à l'origine de son organisation, le festival entend "faire entendre les voix des Noires africaines et afrodescendantes dans leur diversité, car notre afroféminisme n'est pas un ensemble monolithique." Au moyen, notamment, de la non-mixité, à la fois sexuelle et raciale. Il proposera en effet quatre espaces distincts, respectivement réservés aux femmes noires, aux personnes noires, aux femmes racisées, et le dernier ouvert à tous. Pour ce dernier espace, ouvert, le festival investira un local détenu par la Mairie de Paris, la Générale Nord-Est, dans le 11e arrondissement.
 
La non-mixité assumée de la majorité des espaces du festival a suscité une vive polémique, entre ses partisans et ses opposants, qui crient au racisme "anti-blanc". Et plusieurs titres de presse, dont Le ParisienBFM    et Franceinfo    ont titré sur la polémique autour d'un "festival « interdit aux blancs »", entre guillemets, sous-entendant une citation directe.
Festival "interdit aux blancs" : derrière l'expression, le FN


Pourtant, sur le site du festival, l'expression n'apparaît nullement. Le site se contente d'indiquer un espace "ouvert à tou.tes", un "espace en non mixité Femmes et personnages assignées noires et métisses afrodescendantes", un "espace non mixte personnes noires" et un "espace non mixité Femmes et personnes assignées Femmes racisées". Nulle mention sous cette forme, donc, d'une interdiction aux "Blancs", bien que celle-ci soit de fait prévue dans certains espaces.

Le FN et la Licra derrière la polémique
 
Mais alors, d'où vient l'expression "interdit aux blancs", au coeur de la polémique ? Libération  en a retracé l'origine. Et elle trouve sa paternité dans un post du trésorier du Front National, Wallerand de Saint-Just, repris par les réseaux d'extrême droite et... la Licra.
 
C'est après une série de tweets  publiés dimanche de la maire de Paris, Anne Hidalgo, que l'affaire "sort" de Twitter où elle couve depuis plusieurs jours et inonde la presse française. Dans ces tweets, elle déclare condamner "avec fermeté l'organisation de cet évènement «interdit aux blancs»".
 



Elle réagit en fait, explique Libération, à un tweet de la Licra  publié un peu plus tôt, dès vendredi après-midi. La Licra s’insurge contre le "festival « interdit aux blancs »" : "Rosa Parks doit se retourner dans sa tombe", ajoute la Ligue.
 



A nouveau, l’expression "interdit aux blancs" apparaît entre guillemets. Elle ferait référence, selon Libération, à un article du site de LCI, daté du vendredi après midi. Et, continue le quotidien, "si cet article utilise cette formulation, c’est parce que Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, a été un des premiers à s’emparer du sujet en parlant, vendredi matin, d’un «festival interdit aux "Blancs"»".
 



Une polémique initiée par l’extrême droite, et reprise exactement dans les mêmes termes ? Pour la Licra, interrogée par Libération, ce n’est pas un problème : "Que l’extrême droite instrumentalise ce type de festival n’est pas nouveau. Quand la Licra s’était constituée partie civile dans les affaires de racisme antiblancs, c’était déjà le cas. La Licra combat tous les racismes." L’expression "festival « interdit aux blancs»" a, en tout cas, de beaux jours devant elle : elle était, comme l’a remarqué  la journaliste de Libération Johanna Luyssen, reprise telle quelle dans le journal de la matinale de France Culture, lundi 29 mai.

Capucine Truong
Arrêt sur Images 






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