les répliques intellectuellement engagées
Facebook
Twitter
Instagram
YouTube
Dimanche 5 Février 2017

Emmanuel Macron – En Marche vers l’inconnu ?

Par Leslie-Joyce Boston.



Un discours long pour une mise en marche qui n’a pas eu lieu me concernant. Près d’1h40 de discours dont la majeure partie s’est résumée à une succession de références à des prises de positions politiques significatives émanant de rassemblements politiques desquelles il se revendique (loi de 1905 de séparation de l’Etat et de l’Église, loi en faveur de l’IVG, l’appel du 18 juin du Général De Gaulle, affaire Dreyfus, etc.).  Dans le seul but de présenter un mouvement et un positionnement qui demeurent peu clairs et concrets à ce jour si ce n’est concernant sa non-appartenance au clivage politique binaire droite/gauche caractérisant le paysage politique français. 
Meeting d'Emmanuel Macron le 4 février 2017 à Lyon
Meeting d'Emmanuel Macron le 4 février 2017 à Lyon


La phrase suivante résume tout à fait la première partie de ce discours : « c’est dans le sillon de ses larges rassemblements que nous nous inscrivons les amis ».  Les choses sont dites clairement : Emmanuel Macron se veut le candidat du rassemblement au-delà des clivages partisans. Il veut parler à tous les électeurs, quelque soit leur positionnement sur l’échiquier politique, leurs origines, conditions et statut social. Il semble vouloir rassembler avant même d’avoir soumis un programme détaillé à l’appréciation des électeurs et confrontées en bonne et dû forme ses propositions à celles de ces adversaires.
 
L’attente de propositions concrètes pour « faire entrer la France dans un siècle nouveau en portant ces valeurs » fut longue... Tellement longue qu’une question s’est posée tout le long de ce discours : Quel est l’objectif réel de cet exercice ?
 
Dans un climat de ferveur patriotique et européenne, le candidat Emmanuel Macron s’est adonné à une liste de références littéraires et politiques, citant tour à tour René Char, François Mitterrand ou Jacques Chirac, visant à se poser comme seule alternative au système politique décrié par une population, de plus en plus nombreuse.
 
Emmanuel Macron se revendique comme le défenseur et promoteur de la fraternité, thème fédérateur, qu’il décline au gré des quelques propositions présentées à l’occasion de ce discours fleuve. Celle-ci est présentée comme le trait d’union du triptyque de la devise de la République française, base de ce projet pour la France. Il tend « redonner [son] sens et [sa] vitalité » à cette fraternité « fanée » par les deux parties de l’échiquier.
 
Un adversaire est clairement désigné et « condamné » : le FN. Les autres sont seulement évoqués par des allusions à leurs propositions ou aux difficultés qu’ils traversent. Ainsi, le revenu universel proposé par Benoît Hamon est jugé inutile car assimilé à la promotion d’un « projet de vivre dignement dans l’oisiveté subie ou choisie » et faisant double emploi dans la mesure où ce dernier existe déjà : « [...] le RSA ». L’affaire Pénélope Fillon est, quant à elle, mentionnée indirectement à travers l’appel à la transparence de la vie publique. L’extérieur aussi est dans le viseur du candidat lorsqu’il se targue de rassurer ses soutiens qu’« il n’y aura pas de mur dans [s]on programme ». La mesure du Président Donald Trump pour lutter contre l’immigration en provenance du Mexique est discréditée.
 
Les propositions ont été limitées et peu explicitées ce qui est dommageable. D’autant plus pour un candidat qui se targue de l’importance de ne plus « promettre sans agir ». Pour se faire, encore faudrait-il proposer des mesures concrètes menant à des actions elles aussi concrètes. A mon sens, ce discours s’est apparenté à une « démonstration de force » au sens de popularité plus qu’à un discours dans la course à la présidentielle. Il s’est donc résumé à un pur exercice de style, emprunt de références et de généralités, laissant cruellement sur sa faim le « curieux » ou même le partisan en quête de réponses concrètes. Un discours qui m’a laissé dubitative et qui ne m’a pas convaincu du fait que le mouvement En Marche porté par Emmanuel Macron soit l’alternative attendue par un grand nombre de français.
 
Leslie-Joyce Boston






Nouveau commentaire :


DANS LA MÊME RUBRIQUE NOUS VOUS RECOMMANDONS :
< >

Samedi 20 Janvier 2018 - 15:38 Lire Pascal Boniface




Rejoignez-nous sur Facebook



Inscription à la newsletter

Article populaire

SDF : 433 morts en 2018

Publié initialement le 20/12/2018
Mise à jour le 3/01/2019

L'an dernier en France, au moins 403 SDF seraient morts dans la rue selon le collectif "Les morts de la rue" qui dévoilent chaque année une liste de décès de personnes qui ont vécu un moment ou l'autre à la rue.

Selon le collectif toujours, l'année 2018 s'est achevée avec le chiffre terrifiant de 433 SDF décédés dans les rues de France.

Comment ne pas s'émouvoir face à ce terrible constat ? Malgré les promesses d'un président jupitérien en 2017, rien n'a vraiment changé. Au contraire, la situation s'est empirée.
SDF : 433 morts en 2018


Les derniers tweets



Interview populaire

Sabrina Ali Benali : La révolte d'une interne - Interview

Ancienne interne des hôpitaux de Paris, Sabrina Ali Benali est actuellement médecin remplaçante dans une association de permanence de soins 24h/24 : Les urgences médicales de Paris.

Elle est particulièrement engagée sur les questions de santé "pour la défense des conditions de travail des personnels soignants et surtout d'un accueil digne et humain des patients".

Elle publie aux éditions Cherche Midi Editeurs La révolte d'une interne : santé, hôpital, état d'urgence, préfacé par le Docteur Christophe Prudhomme médecin urgentiste.

Sabrina Ali Benali connue du grand public pour sa vidéo virale sur la sitaution d'urgence à l'hôpital public, visionnée 12 millions de fois sur Facebook en janvier 2017, a accepté de répondre à nos questions.
Sabrina Ali Benali : La révolte d'une interne - Interview

Les répliques
03/12/2018