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Lundi 5 Septembre 2016

Démission gouvernementale, mode d'emploi

Par Amélie Quentel.



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Revue de presse.

Le système de la Ve République, qui fait du chef de l'Etat la clef de voûte de nos institutions, ne tolère pas de dissonances au sein du gouvernement. Les ministres trop ambitieux ou qui veulent faire entendre leur différence sont poussés vers la sortie, à l'instar d'Emmanuel Macron.
 

«J’ai fait ce choix pour être libre et responsable», s’est justifié Emmanuel Macron en démissionnant mardi de son poste de ministre de l’Economie. Etre «libre» dans ses propos et actions quand on ne partage pas toutes les idées de sa majorité gouvernementale : d’autres ministres avant lui ont avancé cet argument pour motiver leur sortie des gouvernements auxquels ils appartenaient. Une situation induite par les caractéristiques du système politique français.
 

Pour Nicolas Kaciaf, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Lille et membre du Centre d’études et de recherches administratives politiques et sociales, Emmanuel Macron a besoin de «liberté», d’autant plus qu’il est dans une «logique de séduction électorale et de différenciation», «et, auquel cas, il ne peut plus à la fois avoir sa liberté de parole et continuer à jouer la carte de la solidarité gouvernementale». Pourquoi ? «Parce que la Ve République est un système politique qui promeut la discipline, afin de ne pas affaiblir le Premier ministre et le président.» Et d’ajouter : «Tout notre système politique tourne autour de la présidentielle, autour de la question du leadership. Du coup, dès lors que quelqu’un veut tenir un discours différent, il faut partir pour pouvoir le tenir.» Pourtant, tout au long de son action au ministère, et avant qu’il ne finisse par démissionner, Macron s’est permis quelques provocations, dont sa récente visite au Puy du Fou aux côtés de Philippe De Villiers, où il a déclaré qu'il n'était "pas socialiste". 
 

"Le roi est nu"

Est-ce à dire qu’il y aurait, tout de même, un petit espace pour les ministres dissonants ? «Actuellement, le leadership du Président est tellement faible que le rapport de force n’est pas en sa faveur. Il n’aurait jamais pu se séparer d’un ministre aussi populaire que Macron à l’heure où lui est autant affaibli. Macron, lui, n’est pas dépendant de Hollande.» Un avis partagé par....

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Source : Liberation.fr







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