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Jeudi 29 Septembre 2016

Contre le racisme, rire pour se protéger et s'indigner

Par Rouguyata Sall.



Contre le racisme, rire pour se protéger et s'indigner
Revue de presse.
 

L’auteure et journaliste Rokhaya Diallo a inauguré lundi 19 septembre le cycle de conférences “Les réponses qui claquent !” de La Loge, une salle de spectacles du XIème arrondissement de Paris. Au menu, la représentation des minorités ethnoraciales dans les médias.


Ce n’était pas un one-woman-show. Le sujet n’était pas vraiment des plus hilarants. Le public s’est pourtant esclaffé à maintes reprises, au cours cette conférence-débat sur l’image des minorités donnée, transformée et renvoyée par les médias. Dès les premières minutes de la conférence, le rire prend place. Première explosion dans la salle pleine, lorsque Rokhaya Diallo rappelle l’arrivée d’Harry Roselmack au journal télévisé de TF1 à l’été 2006, dans “un contexte post-émeutes de 2005” : “On nous avait annoncé son arrivée dès le mois de mars, sachant qu’il allait arriver en juillet. On sent vraiment qu’on voulait préparer les gens : “Attention, il y a un noir qui va arriver, ce n’est pas votre télé qui est en panne”. On s’est rendu compte qu’il faisait les mêmes audiences que Patrick Poivre D’Arvor, dont il était le joker », rappelle la journaliste noire.
 

L’image du tirailleur Banania n’est pas si lointaine
 

Rires à nouveau dans le public lorsque Rokhaya Diallo rappelle les résultats 2015 du baromètre Diversité du CSA, créé en 2009 pour mesurer la diversité à la télévision. Ce n’est pourtant pas une blague. Sur le petit écran, 37 % de personnes perçues comme non blanches, lorsqu’il s’agit “d’activités marginales ou illégales”. 17 % pour les catégories socio-professionnelles (CSP) inférieures, contre 11 % pour les CSP supérieures. 21 % pour les rôles de figurants, contre 9 % de héros. Sans parler des 29 % pour les “attitudes négatives”contre 12 % pour les positives.


Les titres de films dont les personnages principaux sont non-blancs font à leur tour rire la salle. La journaliste cite le travail de la sociologue des médias Marie-France Malonga : “On a des films avec des titres très explicites comme Fatou la malienne, Pierre et Farid, La tresse d’Aminata, ou encore Un bébé noir dans un couffin blanc. Quand on regarde la série, on est prévenu, on sait qu’on ne va pas voir que des Blancs ! Les personnages non-blancs se voient aussi affublés d’accents inventés pour les versions françaises. Même dans South Park et les Simpsons, où les Noirs, aussi américains que les autres personnages, ont un accent invraisemblable ».
 

Dans ses travaux, Marie-France Malonga a également identifié les trois types de visages récurrents incarnés par les minorités : la victime est pauvre, sans papier, souvent sauvé par un personnage blanc ; le délinquant, un voyou souvent associé à la banlieue ; et le sauvage, arriéré ou illettré, qui souvent ne connaît pas les codes de la civilisation...
 

Pour lire la suite cliquez ici.

Source : BondyBlog.fr






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