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Vendredi 12 Mai 2017

Brigitte Macron, ou le sexisme ordinaire

Par Sélima - The Social Face.




Durant l’élection présidentielle que nous venons de vivre en France, quelque chose m’a frappée: au-delà de toute considération politique, j’ai constaté que sur Twitter comme dans la vie réelle, Brigitte Macron subissait de nombreuses remarques sexistes, relatives à son âge, son apparence physique, son couple: « Mamie », « Daronne », « Appelez le GIGN, on lui a jeté de l’acide au visage »… ces expressions je les ai vues, entendues à maintes reprises. Pourquoi sont-elles misogynes, me direz-vous?
 


 

Tout d’abord, parlons de l’usage du prénom: « Brigitte », ce qui rappelle cette manière d’appeler Mme Chirac « Bernadette ». Cette familiarité infantilisante n’est pas appliquée aux hommes, ou alors seulement lorsqu’ils sont moqués; dans le cas de Nicolas Sarkozy, par exemple, dont le surnom « Petit Nicolas » jouait sur cet aspect. Pour les femmes, on se permet de faire fi d’un respect dont les hommes bénéficient naturellement.


Pire encore, on dit de Brigitte Macron que c’est une « cougar »: il y a dans ce terme une volonté de la présenter comme prédatrice dans son couple, voire même comme castratrice. Certaines réactions à la diffusion du documentaire « Les coulisses d’une victoire » le prouvent, notamment concernant la séquence des friandises, suite à laquelle beaucoup d’internautes ont désigné Brigitte Macron comme une “daronne” ou “grand-mère” autoritaire.


La situation inverse est aussi vraie, bien que moins enracinée: une femme qui fréquente un homme plus âgé devrait par exemple forcément être attirée par l’argent de celui-ci. Et le problème de l’âge ne se limite pas juste à cela: de la romance assez particulière du couple présidentiel, on ne retient que les circonstances de la rencontre – j’ai lu des « pédophile! », pas le choix de l’autre au-delà des obstacles, pas les vingt ans de mariage. Ainsi, on se moque du couple Macron, mais on trouve sympathique un président qui multiplie des aventures extra-conjugales.
 
 

On reproche donc à la première dame son âge, mais on en oublie celui de son mari, qui devient le président le plus jeune de la Vème République. Que critiquerait-on alors chez Mme Macron? Son expérience? Son savoir? Pourquoi en a-t-on plus parlé que de la jeunesse de son mari, qui, fait exceptionnel, brigue pourtant la plus haute fonction étatique avant ses quarante ans? Il y a bien là deux poids deux mesures.

 
   

Comme Emmanuel Macron le souligne lui-même avec beaucoup de justesse lors d’un entretien avec Le Parisien, si sa femme avait eu vingt ans de moins que lui, personne n’aurait trouvé cela étrange. En effet, la meilleure illustration reste celle du couple Trump, qui a la même différence d’âge, et qui n’a pourtant pas été critiqué à ce propos, parce que Mélania Trump est la plus jeune des deux. Saïda Jawad, la compagne de Jean-Luc Mélenchon est aussi restée à l’abris de ces remarques, et jamais Pierre Moscovici n’a été critiqué pour avoir une conjointe de trente ans sa cadette!
 

C’est dans ce vivier misogyne fertile que naissent alors rapidement les rumeurs d’homosexualité du nouveau président de la République; en effet, pourquoi choisir une femme plus âgée à moins d’avoir quelque chose à cacher? Comprenez: il n’est pas normal de choisir une femme plus âgée car elle serait moins satisfaisante sur le plan physique. En effet, là est le coeur du problème; une femme perdrait de sa valeur avec l’âge et devrait être choisie sur des critères physiques.


Autant en profiter alors, pour livrer un petit scoop: il se murmure que les femmes se bonifient avec l’âge, mais pas la bêtise.

Sélima
The Social Face
 
 







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