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Lundi 19 Novembre 2018

Accidents de chasse : le tour d'horizon



L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a rendu fin octobre à la justice un rapport établissant les manquements à la réglementation après la mort d'un vététiste tué par un chasseur le 21 octobre dernier en Haute-Savoie.

Cet accident est loin d'être un drame isolé puisque chaque année les accidents de chasse sont à l'origine d'une dizaine de décès et plus d'une centaine de blessés : promeneurs, joggeurs, cyclistes du dimanche et chasseurs eux-mêmes.


Le week-end dernier c'est une femme qui était atteinte d'une balle en pleine gorge sur la commune de Saint-Léger-le-Petit, en bordure du département du Cher et de la Nièvre. La victime âgée de 47 ans et épouse du chasseur, se trouvait à quelques dizaines de mètres de l’endroit du tir. Le projectile est venu se loger dans sa gorge.

Très vite, les secours sont intervenus. Le pronostic vital de la blessée n’était pas engagé. Transportée dans un centre hospitalier, elle a subi une intervention chirurgicale afin d’extraire la balle.

Le mois dernier c'était deux surfeurs qui était pris pour des faisans sur la presqu'île de Crozon :



Sur la saison 2017/2018, 115 victimes impliquées dans 113 accidents ont été identifées par l'ONCFS dont 17 personnes non chasseurs. Parmi ces accidents, 13 ont été mortels dont 3 concernant des personnes non chasseurs.

L'Office note cependant un recul par rapport aux saisons précédentes. Lors de la saison 2016/2017 par exemple, 143 accidents avaient été recensés dont 18 mortels impliquant exclusivement des chasseurs.

Le nombre d'accidents est stable sur la décennie avec entre 120 et 150 accidents chaque année depuis l'année 2000. Des accidents dont les victimes sont majoritairement les chasseurs eux-même.

Le mois dernier toujours c'est un chasseur qui se tirait une balle dans le pied bousculé par son chien, provoquant le tir involontaire.

La semaine dernière un autre chasseur était blessé par la charge d'un sanglier qu'il traquait à hauteur de la commune d’Éperlecques. L'homme souffrait d'une blessure de 25 centimètres au niveau de l'avant-bras, mais ses jours n'étaient pas en danger et aucun organe vital n'a été touché.

Ce n'est pas la première fois qu'un accident de chasse implique un sanglier traqué à mort. Fin octobre, un homme avait été grièvement touché en Loire-Atlantique. L'origine de l'accident à Saint-Léger-le-Petit blessant l'épouse du chasseur à la gorge, était une traque au sanglier.


Qu'en est-il des opposants, de la justice et des responsables politiques ?

Fin septembre, un chasseur de 19 ans a été condamné par le tribunal correctionnel d'Annecy à trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans, après la mort en 2015 d'un homme sur un chemin forestier à Quintal.

La femme de la victime interpellait alors le président Emmanuel Macron sur Facebook : 
 



Mais toutes les propositions pour limiter les risques d'accident ne reçoivent toutefois pas le même accueil.

Le mois dernier le député LREM et Co-président du groupe d’études Chasse Alain Perea proposait d'interdire le VTT avant d'interdire la chasse "qui ne dure que 4 mois par an". 

Les internautes majoritairement excédés, consternés, n'ont d'ailleurs pas hésité à lui répondre directement :



Selon Etienne Spataro, président du Collectif pour le dimanche sans chasse crée en 2014 qui réunit plus de 1000 associations :

"Dans quasiment tous les autres pays européens, la chasse est interdite le dimanche. On ne peut parfois chasser que 2 ou 3 jours par semaine. Il n'y a quasiment qu'en France qu'on peut chasser le dimanche. Du coup, les autres usagers de sports et loisirs de plein air  ne peuvent pas profiter pleinement de la nature ce jour-là. La présence de chasseurs  créée de l'insécurité et empêche de profiter sereinement et en toute sécurité  de la nature".

Même si les chiffres sont en baisse depuis 20 ans, les opposants n'en démord pas. Chaque blessé, chaque mort est une raison de plus pour faire cesser ce loisir "barbare, d'un autre âge".

"La pratique aujourd’hui des sports Outdoor, des activités en plein air, le mode de vie des gens vivant à la campagne, à la montagne a évolué. N’est-il alors pas nécessaire de faire évoluer également cette pratique qui aujourd’hui tue entre 20 et 30 personnes par an. Où vivons-nous ? Où se trouve le respect de notre liberté ? Combien de morts faudra-t-il pour que vous décidiez de mettre des vraies mesures en place ?"  Mélanie Lavy Guédon femme de victime d'un chasseur.

Pour le moment, le président de la République n'a donné aucune suite à cet appel partagé et liké plusieurs dizaines de milliers de fois sur Facebook.

Quelques mois plus tôt, le chef d'Etat faisait passer la réforme de la chasse passe par une mesure en faveur des chasseurs uniquement. Le permis de chasse passant de 400 à 200€.

Des mesures en faveur des chasseurs et un mutisme s'agissant des victimes et familles de victimes qui nous laissent manifestement deviner de quel côté balance le coeur d'Emmanuel Macron.

 
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