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Jeudi 26 Octobre 2017

« A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel » Edgar Morin

Par Jn Brandon.



Nous vivons aujourd’hui la sixième extinction de masse et sommes entrés dans une crise écologique et sociale sans précédent. L’effondrement de la civilisation est proche mais pourtant largement ignorée par les grandes instances. Les études faites à ce sujet ont montré que la démographie, le climat, l'eau, l'agriculture et l'énergie sont les facteurs responsables à la fois de la stabilité de notre civilisation mais aussi de son effondrement.


 

L’écologie a toujours été prisonnière des stéréotypes véhiculées par la société capitaliste qui préfère protéger ses intérêts au détriment de la Planète. A l’approche des élections présidentielles, la question de l’environnement semble largement être ignorée ou abordée de manière timide.


On estime que d’ici 2048 il n’y aura presque plus d’espèces de poissons ou de fruits de mer à consommer. D’ici 2050, il y aura plus de plastiques que de poissons dans les océans et 52% des animaux sauvages ont déjà disparu en seulement quelques décennies. Toutes les 7 secondes, 1.350 m2 de surface de la forêt Amazonienne disparaissent et la responsabilité de l’élevage (bovin en particulier) dans sa déforestation serait de 80 %.



 

« Je sais que je vais mourir », avait confié Maria do Espirito Santo à sa soeur Laisa quelques jours avant d’être assassinée avec son mari en Amazonie. Le couple se savait condamné pour sa lutte contre les déboisements illégaux qui ravagent la plus grande forêt du monde. Le nombre de défenseurs de l’environnement tués dans le monde en 2015 n’a jamais été aussi important, avec 185 morts constatées.


On assiste à un appauvrissement et à une contamination des terres, du sol toujours plus grave avec une pollution de l’eau et de l’air qui croit chaque minute. Le remplacement de milliers d’hectares sauvages par une agriculture productiviste monoculturale est responsable de l’extinction des espèces. On transforme un territoire qui nourrissait auparavant des centaines d’espèces en une terre n’en nourrissant plus qu’une seule. Cette révolution néolithique déraisonnée nous a aussi entraînés vers une sédentarisation de masse et une parfaite soumission envers ceux qui détiennent les terres.


La consommation mondiale d’eau se répartit de la façon suivante:  Agriculture = 69 % ; Industrie = 23% ; Utilisation domestique = 8%. Un parcours de golf (de 18 trous) demanderait une consommation en eau équivalent à celle d’une ville de 15 000 habitants environ.


Concernant la répartition de la consommation énergétique en France en 2012 :  Les ménages 7% contre 21% pour l’industrie et 32% pour les transports.


De plus, en France en 2010 : Les ménages ont produit 29,3 Millions de tonnes de déchets contre 260,2 Millions pour le secteur construction BTP. 


On observe que l’impact écologique des ménages est ridiculement faible par rapport aux grandes entreprises dont leurs activités ne cessent de croitre. Même si nous privilégions le bio, le recyclage, le vélo, une consommation responsable etc, la portée de nos actions restent très largement insuffisante pour espérer voir un changement positif dans les plus brefs délais.


L'ONG Global Footprint Network estime ainsi que si nous conservons notre rythme de consommation, nous aurons besoin de deux planètes en 2030.


Nous devons aussi prendre du recul autour du développement durable et des nouvelles technologies apparaissant comme une véritable alternative aux énergies fossiles. La destruction causée par les industries du solaire, de l’éolien, de l’hydroélectricité est une réalité malheureusement largement ignorée. C’est la planète que l’on sacrifie toujours et encore, on cherche à défendre un mode de vie qui serait alternatif et confortable mais qui est en réalité destructeur. Ces alternatives demandent une technologie très avancée et donc polluante. En voici quelques exemples :
 

  • Le désert de Mojave : La plus grande centrale solaire du monde alimente des dizaines de milliers de foyers. Mais elle est aussi largement utilisée par l’industrie, dépendante de cette électricité. Les différentes espèces d’oiseaux qui ont la mauvaise idée de la survoler prennent littéralement feu en plein air.

 

  • Le Barrage de Reventazón au Costa Rica (qui fournit 99% d’électricité renouvelable) et le Barrage Belo Monte au Bresil : Ces barrages détruisent les habitats des poissons, les espèces végétales et privent les moyens de subsistance des tribus qui vivent sur ces terres depuis des siècles les obligeant à fuir. Ces exils entrainent des conflits internes, maladies et morts.

 

  • Les industries du solaire et des éoliennes reposent sur l’extraction de "terres rares" qui se fait dans des conditions sanitaires et environnementales scandaleuses notamment en Chine dans les alentours de Baotou.


Ces solutions ont pour objet de protéger l’économie et non la Terre. L’agriculture ainsi que la majorité des industries sont destructrices.


Peu importe ce que nous faisons, nos mains seront toujours salies. Lorsque l’on participe à cette société, nos mains sont tâchées de sang car l’économie mondiale assassine des humains mais aussi d’innombrables espèces végétales, animales ainsi que leurs environnements.


Cyril Dion posait ces questions qui résument assez bien la situation : « Devons-nous minimiser au maximum l’impact de ces activités ou devons-nous les arrêter ? Les énergies renouvelables sont certainement à ce jour la moins mauvaise manière de produire de l’énergie. Mais si nous ne pouvons pas produire de l’énergie sans détruire, devons-nous continuer à le faire ? »


L'humanité a déjà épuisé les ressources annuelles de la planète et nous vivons désormais sur son découvert. Malheureusement nous ne sommes plus à la recherche de la vérité, nous cherchons uniquement et sans relâche une solution alternative pour perpétuer notre mode de vie. Il est difficile de se dire que l’on doit sacrifier tellement de choses et mettre en danger notre confort.


Mais quelles sont les solutions qui se présentent à nous ? Il est fondamental d’incarner le changement que l’on souhaite voir dans ce monde comme le disait Gandhi. On ne peut pas rejeter constamment la faute sur les plus riches si nous continuons à nous comporter comme ils le souhaitent. Cependant le changement individuel n’est pas une finalité et devient contre-productif si c’est pour se dire que nous valons mieux que les autres. La lutte doit être collective et probablement violente vu l’urgence de la situation.


Mais pouvons-nous véritablement empêcher l’Homme de vivre dans un environnement tel que l’on connait aujourd’hui ? Progrès, modernité, confort semblent inévitable et propre à l’évolution humaine, de ce fait, somme nous condamner à détruire perpétuellement la Terre ?


« Aujourd’hui, nous vivons pour la plupart dans des villes. Cela signifie que nous vivons pour la plupart dans ces cellules isolées, complètement coupées de tout type d’information ou d’expérience sensorielle qui ne soit pas de fabrication humaine. Tout ce que l’on voit, tout ce que l’on entend, tout ce que l’on sent, tout ce que l’on touche, est artefact humain. Toutes les informations sensorielles que l’on reçoit sont fabriquées, et bien souvent véhiculées par l’intermédiaire de machines. Je pense que la seule chose qui rende cela supportable c’est le fait que nos capacités sensorielles soient si terriblement atrophiées comme elles le sont chez ce qui est domestiqué afin que nous ne nous rendions pas compte de ce qui nous manque. » (John Livingston).

https://www.youtube.com/watch?v=HaHNE0_6a20

Jn Brandon









1.Posté par caroline le 17/11/2017 09:53

Tout ça est très juste. Mais aussi très fataliste. Ici je ne lis que dénonciation mais aucune solution... Ce que je comprend c'est que la seul issu est la fin de l'humanité ? Alors quelle est l'intérêt de dénoncer puisque tout et vouer a l'échec ? Avec une vision comme ça il nous resterais plus quand nous suicider.
Personnellement je préfère donc vivre ma vie avec une attitude éco-responsable (même si ça ne sauvera pas la terre, ça apaisera au moins ma conscience).
"La lutte doit être collective et probablement violente vu l’urgence de la situation." Je vois mal comment on peu oser citer Gandhi et préconiser une lutte violante (a moins que ce soit au sens figurer du terme, mais dans ce qu'a ce devrait être préciser..)
Je pense que le Temps de la dénociation et révolu et si nous voulons faire mieux que les acteurs du capitalisme (dont nous fessons partie malgré nous) il est Temps d'agir et de trouver des solutions.

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