Mardi 24 Janvier 2017

Ne nous Trumpons pas de cible !

Par Evo les biscoteaux.



Doit-on évoquer l’actuel tourbillon de navrance médiatique visant à porter Saint Barack aux nues d’une démocratie humaniste et chevaleresque, tandis que le monde continue à se désoler de l’arrivée surprise et démoniaque du méchant Donald ? (Est-ce qu’on parle aussi de mon titre et on en profite pour lancer une alerte enlèvement « allô le respect a disparu » ?)


Barack, ce salaud magnifique.
 

D’accord, il a un sourire charmeur et il joue au basket, et certes, Michelle fait se trémousser les petits dodus sur Single Ladies. Il a même été aperçu moult posts journalistiquement audacieux dans le style « un homme fidèle à sa femme, un monsieur élégant, merci Obama gnagnagna ». Bon déjà, depuis quand des détails relevant strictement de la sphère privée, parfaitement subjectifs et superflus définissent l’efficacité et la pertinence d’une politique ? En résumé, portez beau, on vous passera tout. À titre de comparaison, rappelons que Chirac aussi avait sa swagance  naturelle, et que Bernie récoltait les pièces jaunes pour les enfants malades, ce qui n’a pas empêché monsieur de vendre des armes à de riches fumiers, financer frauduleusement le RPR, créer ses emplois fictifs pépouze à la mairie de Paris, et vivre à nos frais en dépit de ses condamnations.
 

Attention, de la lucidité messieurs-dames, la feuille en bois de pipeau ne saurait cacher l’arbre à cacas. Deux mandats successifs n’auront pas suffi au prix Nobel de la Paix à fermer Guantanamo et à stopper la guerre en Afghanistan, pourtant promesses de campagne ; au contraire, Obama participe au désastre libyen et a la main lourde sur les assassinats de suspects dits « terroristes » par drones. L’Obamacare n’a pas fait plier les systèmes d’assurance, la NSA continue de vérifier la couleur des slips de toute la planète, tandis que la chasse aux lanceurs d’alerte va bon train (Edward Snowden approuve ces lignes). Enfin, ses origines afro-américaines ne l’ont absolument pas sensibilisé au sort des migrants mexicains et sud-américains : le gouffre humain et financier du mur de la honte subsiste, et les milices de surveillance et les trafics en tout genre dans la zone sont toujours présents : mais pour limiter l’afflux, le brave homme n’a rien trouvé de mieux que de multiplier les expulsions et de perpétuer la charmante pratique de garder les enfants nés sur le territoire américain (et de déporter leurs parents dits illégaux).

Donald n'a pas surgi sur la scène tel un pet ex-nihilo.
 

Loin de moi l’idée de prendre sa défense, mais l’absence de mandat ne fait pas de Trump un puceau de la politique. Engagé depuis les années 80, il a même été un temps vice-présidentiable du pays avec papa Bush (souvenez-vous, la campagne américaine, ça marche par deux).

Ensuite, Trump est une icône culturelle, de mauvais goût certes, mais incontournable, plébiscitée sinon acceptée par la majorité de la population, et ce depuis des années. Son personnage d’homme d’affaires agressif et implacable, son discours décomplexé sur l’argent, ses punchlines de grand méchant loup ultra libéral ( le fameux « You’re fired ! » dans son émission The Apprentice), bref tout ce qui a toujours défini l’actuel Trump, n’a pas varié d’un iota. En 1987, son autobiographie / méthode vulgarisante pour s’enrichir Trump : the Art of the Deal a été un succès de librairie immense, vendu à plus d’un million d’exemplaires. Il est donc un peu tard pour jouer la vierge effarouchée quand tout le système médiatique et de production du spectacle a payé, fêté et établi à long-terme le personnage dans la culture populaire, de l’étoile au Walk of Fame jusqu’aux blockbusters et spectacles à succès exportés à l’étranger (Maman j’ai raté l’avion, Le Prince de Bel-Air, les matchs de la WWE …).

Société du spectacle, pour reprendre le concept de Debord, les États-Unis sont parfaitement incapables de ne pas mêler politique, show et business ; Trump en est l’illustration la plus accomplie, mais la mise en scène des Obama dans les évènements mondains (du dîner caritatif aux featurings avec des présenteurs vedettes), évidemment moins bourrine mais tout aussi artificielle, met en évidence cette porosité malsaine, mais efficace en terme de conditionnement.


Démocrates et Républicains, bonnet sale et sale bonnet.

On l’a dit, Trump est un vieux renard de la chose publique. Mais saviez-vous qu’il a fait ses premiers pas chez les Démocrates (lolololol), puis au Parti de la réforme des États-Unis d’Amérique, et enfin les Républicains, n’hésitant pas à retourner sa veste plusieurs fois, tantôt au râtelier de l’un, tantôt dans la gamelle de l’autre ? Bien entendu, sans qu’aucun des partis en question n’y trouve rien à redire. Des valeurs fortes on vous dit.

NB : Hillary Clinton a également commencé sa carrière politique chez les Républicains.

Détail rigolo : Trump voulait se présenter aux élections républicaines de 1988 avec la célèbre animatrice Oprah Winfrey comme ticket ; la même Oprah, qui a soutenu en 2006… Barack Obama, lequel en remerciement, avait modestement voulu lui offrir un siège au Sénat. Mieux encore, Donald Trump a soutenu Hillary Clinton aux élections démocrates de 2008. Un peu comme si Marine Le Pen avait financé François Hollande, que le groupe Lagardère avait successivement apporté son soutien aux deux, et que tout le monde trouve ça très bien et très sain.

Enfin, les casseroles : nous avons rappelé le bilan désastreux d’Obama, mais il serait bon d’évoquer le bordel fiscal trumpien (impôts non payés, empire financier qui interfèreforcément dans les affaires de l’État) et son potentiel dsksien qui ne demande qu’à se révéler ; enfin, Hillary Clinton n’est pas en reste, jouant à la Balkany avec Billl’affaire des emails et la très douteuse fondation Clinton Global Initiative. Il n’y a pas que chez nous que le choix pseudo-démocratique se résume à la peste ou au choléra.

Bref, l’America first (et d’ailleurs, pas “American people first”, ce qui veut tout dire) et toutes les petites & grandes combines tordues qui vont avec, n’ont jamais été l’apanage du seul Trump, mais l’essence même de la politique américaine tous bords confondus depuis la barbe à Georgie.Un loup habilement déguisé en agneau charmeur, un loup se revendiquant outrageusement loup ; vous aurez beau cacher votre petite vérole avec le meilleur fond de teint possible, ou au contraire l’exhiber à la face du monde dans l’espoir qu’elle sèche plus vite, ça restera de la schkoumougne. Parole de cagole.

Evo les biscoteaux






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