Mercredi 9 Novembre 2016

Les intox du FN sur les « privilèges » des migrants face aux Français

Par Adrien Sénécat. Le Monde.



Revue de presse.
 
Le parti d’extrême droite diffuse une série de tracts qui oppose la situation des migrants aux étudiants, agriculteurs ou mal-logés français. Avec des arguments trompeurs et erronés.
 
Des cadres du Front national, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen en tête, partagent depuis jeudi 3 novembre des messages signés « Jeunes avec Marine » qui opposent la situation des migrants avec différents groupes de citoyens français. Chacune de ses publications a été partagée des centaines de fois sur Facebook et Twitter, comme on peut le voir sur la seule page du sénateur FN David Rachline.

 
Sauf que cette campagne de communication se base sur des exemples déformés, voire complètement malhonnêtes.


1. L'agriculteur qui "vit avec 284 euros par mois"


Aucun détail n’est donné sur « Pierre », l’agriculteur en retraite, mais cette présentation est pour le moins étonnante. Toute personne de nationalité française de plus de 65 ans qui réside dans le pays peut en effet bénéficier au minimum de l'Allocation de solidarité aux personne âgés, qui représente 801 euros par mois pour une personne seule sans revenus.
 

Plus largement, les exploitants et salariés agricoles n'ont pas un régime de retraite des plus favorables. Certains agriculteurs percoivent certes des pensions inférieures à 800 euros par mois. Mais dans ce cas, ils peuvent demander un complément de l’Aspa calculé en fonction de leur rente mensuelle, si les revenus du foyer ne dépassent pas le plafond de prévu. Ce qui est faux dans tous les cas, c’est d’affirmer qu’un agriculteur seul n’a pas le droit à des aides s’il touche une faible retraite.


Du côté des demandeurs d’asile, le chiffre de 330 euros mensuels correspond à l'Allocation pour demandeur d'asile versée à une personne seule sans place d’hébergement (le montant est de 204 euros avec hébergement). Cette aide ne concerne que le cas de l'asile, pas les autres migrants.


Il est donc erroné d’affirmer qu’un agriculteur retraité serait moins bien loti qu’un migrant qui touche 330 euros par mois.


2. Les migrants logés au détriment des étudiants 



Là aussi, aucune précision n’est donnée sur le cas de cette prétendue « Julie ». On sait en revanche sur quels critères le Centre régional des œuvres universitaires (Crous) de Lille gère son parc de logements étudiants, comme il l'explique sur son site Internet :
 
« Les logements sont attribués en priorité aux étudiants déjà logés qui demandent leur maintien dans la même résidence, aux étudiants boursiers gérés par Campus France, aux étudiants de niveau BAC + 5 et plus, puis aux étudiants dont le niveau d’études est le plus élevé. »
 
 
A titre d’exemple, un étudiant enfant unique dont la famille gagne 25 000 euros annuels est boursier, selon le calculateur du Crous. C’est également le cas pour un foyer avec trois étudiants dans l’enseignement supérieur qui déclare 60 000 euros par an de revenus.

L’académie de Lille accueille environ 160 000 étudiants chaque année, selon les chiffres ministériels, pour seulement 10 175 places de logements au Crous de Lille. L’académie fait à ce titre partie des plus mauvais élèves en France, selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2015.

Tous les publics ne sont pas affectés de la même manière par cette situation. « Pour les étudiants boursiers, ça va, mais c’est très compliqué d’avoir accès aux logements étudiants pour les autres, surtout les étudiants étrangers », note Anouar Benichou, président du syndicat étudiant UNEF à Lille.

Quant aux migrants accueillis à Lille après le démantèlement du camps de Calais, il s’agit de « 80 bénéficiaires de l’asile, inscrits par ailleurs à l’université Lille-III », indique-t-on au Centre national des œuvres universitaires (Cnous). Par ailleurs, la résidence Galois sur le campus de Villeneuve-d’Ascq, qui accueille ces demandeurs d’asile, est vouée à la destruction et ne devait accueillir personne au cours de l’année universitaire 2016-2017. La nature du bâtiment utilisé ainsi que le faible nombre de cas concernés fait qu’il est pour le moins disproportionné d’imputer le manque de logements étudiants à Lille à ces demandeurs d’asile.


3. Les logements sociaux "saturés par l'immigration" 


Le FN prend là aussi des libertés avec la réalité, pour plusieurs raisons :


1. Les Français ne sont pas privés d’aides. D’abord, le parti d’extrême droite occulte les différents dispositifs d'hébergement d’urgence, de transition, puis de réinsertion dont les Français peuvent...

Pour lire la suite cliquez ici.







Nouveau commentaire :


DANS LA MÊME RUBRIQUE NOUS VOUS RECOMMANDONS :
< >

Jeudi 16 Novembre 2017 - 10:39 Que peut-on encore critiquer ?












Rejoignez-vous sur Facebook




Inscription à la newsletter




Les derniers tweets
Les répliques : .@hugoclement horrifié par un fait divers dramatique au Maroc @FeizaBM https://t.co/mbznmIDx3R
Lundi 20 Novembre - 13:26
Les répliques : Marine Le Pen est "fondamentalement opposée à l'Union Européenne" 🇪🇺 https://t.co/1KGJjsB9df
Lundi 20 Novembre - 12:31
Les répliques : Vif échange entre Yann Moix et Aymeric Caron samedi soir dans @ONPCofficiel https://t.co/hvLB9xatJU
Lundi 20 Novembre - 09:15
Les répliques : Pas de paradis fiscal dans l'Union Européenne selon @pierremoscovici commissaire européen aux Affaires économiques… https://t.co/ibZQDgez9X
Dimanche 19 Novembre - 21:07




Article populaire

« A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel » Edgar Morin

Par Jn Brandon.

Nous vivons aujourd’hui la sixième extinction de masse et sommes entrés dans une crise écologique et sociale sans précédent. L’effondrement de la civilisation est proche mais pourtant largement ignorée par les grandes instances. Les études faites à ce sujet ont montré que la démographie, le climat, l'eau, l'agriculture et l'énergie sont les facteurs responsables à la fois de la stabilité de notre civilisation mais aussi de son effondrement.
« A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel » Edgar Morin




 
Nos partenaires