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Mercredi 8 Mars 2017

Je suis féministe, et il y en a besoin

Par Florence Massena.



Je suis féministe, et je n'ai pas honte de l'écrire. Le féminisme n'est pas un gros mot, il s'agit d'un engagement militant envers l'équité et l'égalité entre les hommes et les femmes. Et malgré les apparences et les droits accordés aux femmes ces dernières décennies, je pense que ce combat est encore crucial aujourd'hui.
 


Je vais commencer par rassurer ceux qui auraient envie de cracher sur une « femme anti-hommes ». Je ne suis pas née féministe, poils sous les aisselles et poing revendicatif si j'en crois les clichés qui circulent en ligne, je le suis devenue (et je ne ferai pas de discours sur ma pilosité, désolée) et j'aime toujours les hommes. Élevée dans une famille aimante aux côtés d'une seule sœur, je n'ai rencontré le sexisme qu'en commençant à travailler pour me faire de l'argent de poche puis payer mes études. Et oui, le capitalisme et les grands groupes commerciaux, il n'y a que ça de vrai pour mettre les pieds dans le réel. Où on te jauge avant de regarder ton CV, où on te file une jupe et des ballerines même si ça te casse le dos et que tu as froid. Où une clientèle rarement agréable te parle comme si tu avais deux ans et te demande de sourire « parce que tu serais plus jolie comme ça ». Bien sûr, nulle possibilité de répondre, tes managers pensent la même chose. Quand ils ne tapotent pas tes fesses en te faisant remarquer que tu parais un peu stressée ces jours-ci.
 
Au fil du temps, des brimades, des frustrations, des rabaissements, forcément on s'interroge : est-ce normal ? Puis on commence à regarder autour de soi. Les regards des hommes quand tu marches, leurs appels dans la rue à toute heure du jour et de la nuit, les insultes quand tu n'y réponds pas, les dragues lourdes quand tu refuses de boire un verre avec un parfait inconnu, les frottements dans les transports en commun. Et, bien sûr, les « amis » bien attentionnés qui t'expliquent que ce sont des compliments et que « quand même Flo, tu te montes la tête là ». Et bien non, rien de tout ça n'est normal. Je ne pense pas qu'une femme n'ait jamais vécu ça en France, d'ailleurs. Mais quand on écoute la plupart de nos homologues masculins, ce sont des comportements individuels, il ne faut pas généraliser. Évidemment, peu de femmes s'en ouvrent aux autres et c'est bien dommage. Le premier pas vers l'accès à la parole, c'est de la prendre, même si des gens stupides chercheront toujours à rabaisser, couper, siffler, humilier voire menacer une femme qui ose prendre la parole en public. Surtout quand il s'agit de parler de comportements sexistes. Là encore, il faut beaucoup de force de caractère pour franchir ce pas.
 
Et encore, je choisis de ne pas m'étendre sur les différences de salaire, les discriminations à l'embauche, la vision des femmes dans la publicité, la vie de couple, les violences domestiques, le harcèlement sexuel, etc. Je pense qu'il y a suffisamment à lire et voir aujourd'hui dans les médias.
 
Il ne faut pas se leurrer, la lutte est encore longue. Elle commence, pour une femme, par accepter de faire partie du camp des victimes. Ce n'est vraiment pas agréable, croyez-moi ! Quoi, moi, une femme dominée ? Bien sûr, on peut être une PDG à succès, mais subir encore des humiliations quotidiennes dans la rue, l'un n'empêche pas l'autre. Accepter ce statut permet d'avancer à la prise de conscience, l'observation, la prise d'information et, plus tard pourquoi pas, l'action. Moi, j'ai choisi d'en parler, de communiquer, de partager. Ce n'est pas fou mais ça porte ses fruits à un niveau plus individualisé. C'est souvent pour les hommes que la lutte est plus dure à accepter. Déjà parce qu'il faut se reconnaître oppresseur, bien souvent sans le vouloir ou en avoir conscience. Plein de petits détails pédagogiques et sociaux poussent à certains comportements masculins menant à une position de domination envers les femmes, et s'en rendre compte blesse énormément. Je vous rassure : après les premières ruades en sens contraire, bien souvent la plupart des gens est capable d'ouvrir un peu ses œillères et se renseigner, voire changer de comportement et, dans le meilleur des cas, conscientiser les autres sur la question.
 
Je pense qu'il s'agit de la base pour mener la lutte du féminisme. Il existe bon nombre d'associations, de revues, de pages, de blogs, d'institutions, dédiées au féminisme et que je respecte profondément et qui peuvent donner toutes les informations et clés nécessaires. Je ne crois pas en toutes malheureusement, étant donné que je pense que ce combat doit être mené par toutes les femmes dans tous les contextes et selon leurs propres codes. En d'autres mots, je suis pour le féminisme intersectionnel, et soutiens avec ferveur les femmes visant à l'égalité, où qu'elles se trouvent, quelle que soit leur religion ou leurs choix vestimentaires.
 
Le 8 mars, de nombreuses actions sont prévues partout dans le monde, et je soutiens de tout cœur ces femmes et hommes d'engagement sans qui peu d'avancées ne seraient possibles. La lutte est longue, mais elle est en vaut la peine et on en a besoin.
 
Soyez féministes, les gens, je vous promets qu'il n'y aura aucun organe sexuel de coupé à l'arrivée.
 
Florence Massena
Journaliste






1.Posté par Velay le 09/03/2017 00:26

Les agressions commencent très tôt dans la vie d'une femme. Dès que ton corps commence à se former, il semble devenir un bien public, qui peut être commenter à volonté. À 14 ans, se faire siffler par un routier, à 16 ans, le père d'une amie qui essaie de te rouler un patin, au lycée, un pion qui te frôle un peu trop sous prétexte de tamponner ton livret, en soirée, le mec qui ne te lâche pas, au boulot, le client qui te met une main au cul, le connard qui te traite de pute dans la rue parce que tu portes une mini jupe... la société est violente et encore plus envers les femmes. Et non, ce n'est pas flatteur. C'est insultant.

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