Dimanche 5 Février 2017

Emmanuel Macron – En Marche vers l’inconnu ?

Par Leslie-Joyce Boston.



Un discours long pour une mise en marche qui n’a pas eu lieu me concernant. Près d’1h40 de discours dont la majeure partie s’est résumée à une succession de références à des prises de positions politiques significatives émanant de rassemblements politiques desquelles il se revendique (loi de 1905 de séparation de l’Etat et de l’Église, loi en faveur de l’IVG, l’appel du 18 juin du Général De Gaulle, affaire Dreyfus, etc.).  Dans le seul but de présenter un mouvement et un positionnement qui demeurent peu clairs et concrets à ce jour si ce n’est concernant sa non-appartenance au clivage politique binaire droite/gauche caractérisant le paysage politique français. 
Meeting d'Emmanuel Macron le 4 février 2017 à Lyon
Meeting d'Emmanuel Macron le 4 février 2017 à Lyon


La phrase suivante résume tout à fait la première partie de ce discours : « c’est dans le sillon de ses larges rassemblements que nous nous inscrivons les amis ».  Les choses sont dites clairement : Emmanuel Macron se veut le candidat du rassemblement au-delà des clivages partisans. Il veut parler à tous les électeurs, quelque soit leur positionnement sur l’échiquier politique, leurs origines, conditions et statut social. Il semble vouloir rassembler avant même d’avoir soumis un programme détaillé à l’appréciation des électeurs et confrontées en bonne et dû forme ses propositions à celles de ces adversaires.
 
L’attente de propositions concrètes pour « faire entrer la France dans un siècle nouveau en portant ces valeurs » fut longue... Tellement longue qu’une question s’est posée tout le long de ce discours : Quel est l’objectif réel de cet exercice ?
 
Dans un climat de ferveur patriotique et européenne, le candidat Emmanuel Macron s’est adonné à une liste de références littéraires et politiques, citant tour à tour René Char, François Mitterrand ou Jacques Chirac, visant à se poser comme seule alternative au système politique décrié par une population, de plus en plus nombreuse.
 
Emmanuel Macron se revendique comme le défenseur et promoteur de la fraternité, thème fédérateur, qu’il décline au gré des quelques propositions présentées à l’occasion de ce discours fleuve. Celle-ci est présentée comme le trait d’union du triptyque de la devise de la République française, base de ce projet pour la France. Il tend « redonner [son] sens et [sa] vitalité » à cette fraternité « fanée » par les deux parties de l’échiquier.
 
Un adversaire est clairement désigné et « condamné » : le FN. Les autres sont seulement évoqués par des allusions à leurs propositions ou aux difficultés qu’ils traversent. Ainsi, le revenu universel proposé par Benoît Hamon est jugé inutile car assimilé à la promotion d’un « projet de vivre dignement dans l’oisiveté subie ou choisie » et faisant double emploi dans la mesure où ce dernier existe déjà : « [...] le RSA ». L’affaire Pénélope Fillon est, quant à elle, mentionnée indirectement à travers l’appel à la transparence de la vie publique. L’extérieur aussi est dans le viseur du candidat lorsqu’il se targue de rassurer ses soutiens qu’« il n’y aura pas de mur dans [s]on programme ». La mesure du Président Donald Trump pour lutter contre l’immigration en provenance du Mexique est discréditée.
 
Les propositions ont été limitées et peu explicitées ce qui est dommageable. D’autant plus pour un candidat qui se targue de l’importance de ne plus « promettre sans agir ». Pour se faire, encore faudrait-il proposer des mesures concrètes menant à des actions elles aussi concrètes. A mon sens, ce discours s’est apparenté à une « démonstration de force » au sens de popularité plus qu’à un discours dans la course à la présidentielle. Il s’est donc résumé à un pur exercice de style, emprunt de références et de généralités, laissant cruellement sur sa faim le « curieux » ou même le partisan en quête de réponses concrètes. Un discours qui m’a laissé dubitative et qui ne m’a pas convaincu du fait que le mouvement En Marche porté par Emmanuel Macron soit l’alternative attendue par un grand nombre de français.
 
Leslie-Joyce Boston






Nouveau commentaire :


DANS LA MÊME RUBRIQUE NOUS VOUS RECOMMANDONS :
< >

Samedi 23 Septembre 2017 - 18:32 Qui sont les « États voyous » ?

Mercredi 13 Septembre 2017 - 16:46 Fainéants de tous les pays, unissez-vous !

Lundi 11 Septembre 2017 - 19:17 Pour une séparation de l’Etat et du MEDEF










Rejoignez-vous sur Facebook




Inscription à la newsletter




Les derniers tweets
Les répliques : La Sécurité sociale selon @annebourdu vice-présidente du Parti Libéral Démocrate @Vaalentiineee https://t.co/0PNEkCAPF0
Mardi 24 Octobre - 13:06
Les répliques : Selon @EmmanuelMacron le harcèlement sex c'est dans les "quartiers les plus difficiles" avait-il déclaré dans le Gr… https://t.co/j57w6Oy09q
Mardi 24 Octobre - 10:22
Les répliques : Le témoignage du chanteur Michel Sardou sur son expérience twitter @HugoTravers https://t.co/b3lFZTvLEn
Mardi 24 Octobre - 09:36
Les répliques : Lorsque @GiovannaValls soeur de @manuelvalls lui répond directement sur twitter au sujet de l'Espagne et la Catalog… https://t.co/6VkmBaPX2e
Mardi 24 Octobre - 08:09




Article populaire

« A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel » Edgar Morin

Par Jn Brandon.

Nous vivons aujourd’hui la sixième extinction de masse et sommes entrés dans une crise écologique et sociale sans précédent. L’effondrement de la civilisation est proche mais pourtant largement ignorée par les grandes instances. Les études faites à ce sujet ont montré que la démographie, le climat, l'eau, l'agriculture et l'énergie sont les facteurs responsables à la fois de la stabilité de notre civilisation mais aussi de son effondrement.
« A force de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel » Edgar Morin

 

L’écologie a toujours été prisonnière des stéréotypes véhiculées par la société capitaliste qui préfère protéger ses intérêts au détriment de la Planète. A l’approche des élections présidentielles, la question de l’environnement semble largement être ignorée ou abordée de manière timide.


On estime que d’ici 2048 il n’y aura presque plus d’espèces de poissons ou de fruits de mer à consommer. D’ici 2050, il y aura plus de plastiques que de poissons dans les océans et 52% des animaux sauvages ont déjà disparu en seulement quelques décennies. Toutes les 7 secondes, 1.350 m2 de surface de la forêt Amazonienne disparaissent et la responsabilité de l’élevage (bovin en particulier) dans sa déforestation serait de 80 %.