Jeudi 27 Juillet 2017

Calais : «Les policiers nous aspergent de gaz pendant que nous dormons»

Revue de presse. Par Haydée Sabéran - Libération.



L'ONG Human Rights Wach dénonce dans un rapport publié ce mercredi l'usage du gaz poivre par la police contre les migrants à Calais, y compris pendant leur sommeil. Des accusations qualifiées de "mensongères" par les autorités.


Que faisiez vous le 30 juin au petit jour ? Moti W., un Oromo d’Ethiopie de 17 ans, lui dormait sous un pont à Calais. Human Rights Watch a recueilli son témoignage : «Les policiers sont arrivés. Ils nous ont aspergé le visage, les cheveux, les yeux, les vêtements, le sac de couchage, la nourriture. Il y avait beaucoup de gens endormis. La police a tout recouvert de gaz poivre.»
 
L’ONG new-yorkaise assure avoir recueilli «des récits cohérents et détaillés» et «des témoignages multiples» qui décrivent presque tous des migrants aspergés de gaz poivre jusque dans leur sommeil. Presque tous leurs interlocuteurs le racontent, et certains disent le vivre tous les jours. La préfecture, dans un communiqué, a parlé d'«allégations mensongères et calomnieuses». Human Rights Watch qui avait déjà constaté des violations des droits humains en 2014 à Calais, est revenu fin juin-début juillet pour recueillir la parole d’une soixantaine d’exilés sur les violences policières.
 
Les témoignages, publiés dans un rapport intitulé «C’est comme vivre en enfer», sont glaçants. Ils corroborent et amplifient ceux recueillis par plusieurs journaux, dont Libération, ces derniers mois. Le rapport va plus loin encore que celui du défenseur des droits Jacques Toubon, déjà implacable. «Les aspersions ont lieu presque chaque nuit, raconte Nebay T., Erythréen de 17 ans. Les policiers s’approchent de nous pendant que nous dormons et nous aspergent de gaz. Ils le pulvérisent sur tout notre visage, dans nos yeux.» Dans la plupart des cas, précise l’ONG, «cet usage policier du gaz poivre se fait sans aucun avertissement» Un migrant explique qu’un agent «le bouscule du bout de sa botte» pour le réveiller, «avant de couvrir son visage de gaz». Une femme de 18 ans, Layla A., raconte : «Il y a deux jours (le 29 juin, ndlr), je marchais sur la route. Des policiers sont passés et ont utilisé leurs sprays. C’était le soir, peu après 20 heures. […] Ils ont ouvert la fenêtre [de leur voiture], et ils m’ont aspergée.» 

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