Que retiendra-t-on du sinistre passage de Manuel Valls non seulement au pouvoir mais aussi au parti socialiste ? La misérable trace d’un ambitieux autocentré beaucoup plus soucieux de sa carrière que du respect d’un choix idéologique. Il convient de ne pas oublier, en préambule, qu’en 2007, Valls avait longuement hésité avant de répondre négativement à l’offre de Paul Bismuth d’entrer dans le gouvernement de François Sarkozy.
 

Puis il fut candidat à la candidature en 2011 en obtenant le score piteux de 5,65%. Dans ces conditions il aurait dû retourner dans les oubliettes du PS qu’il n’aurait jamais dû quitter d’autant qu’il faisait déjà vœu de destruction de ce même parti. On en serait donc légitimement resté là, sans l’étrange volonté de François Hollande de faire de Monsieur 5% d’abord un ministre de l’intérieur, dont les propos et les mouvements de menton rappelaient déjà un des prédécesseurs nommé plus haut, puis un premier ministre totalement inattendu en le laissant mener un putsch indécent contre son propre chef de gouvernement, Jean-Marc Ayrault, en mars 2014. 
 

Une fois installé à Matignon, Valls a donné un très large aperçu de son « talent », depuis ses infâmes déclarations sur les Roms jusqu’au projet de déchéance de nationalité en passant par l’état d’urgence et l’utilisation en rafale du 49.3 (décrié ensuite de façon schizophrénique, dans le cadre de la campagne pour la primaire) et les remontrances honteuses adressées à Angela Merkel, au cours d’une visite en Allemagne, sur sa noble conception de l’accueil des femmes, hommes et des enfants chassés par la guerre en Syrie,  sans oublier son combat très spécifique et singulier pour une laïcité  très orientée et largement inspirée par la regrettable Caroline Fourest. Le point d’orgue d’une aussi affligeante médiocrité, après avoir anénanti la volonté, quand même surréaliste, de Hollande de se succéder à lui-même,  est et restera la trahison de dernière minute et le refus de l’engagement initial de soutenir le candidat désigné par les militants lors de la primaire de gauche. 
 

Et que dire de ses complices de putsch interne, de Hollande à Montebourg en passant par Filipetti et Hamon ?…